
Les systèmes d'épuration d'eau classique laissent passer de nombreux micropolluants !
L'impact sanitaire et environnemental de ces substances, souvent pharmaceutiques, inquiète les experts qui s'appuient sur de nombreuses études.
Les stations d'épuration classiques sont conçues pour traiter les matières carbonées, azotées et phosphorées. Le problème est que l'eau est aussi chargé en perturbateurs endocriniens tels que les détergents, pesticides et hormones... mais également de médicaments rejetés par les industries pharmaceutiques, les élevages industriels, les hôpitaux et les particuliers.
Si ces déchets ne sont présents qu'à des concentrations très faibles, entre le microgramme et le nanogramme par litre, ils ne sont pas pour autant neutres sur la santé. Et ses effets à faibles doses sont encore mal connus sur le long terme.
Au-delà de l'effet de chacun des micropolluants, c'est l'effet combiné des molécules qui est également à craindre. Se mélange antidépresseurs, anticancéreux, anti-inflammatoires, analgésiques et hormones... provoquant un effet cocktail, et pouvant même renforcer la teneur de certaines molécules.
Pour la plupart des experts, réunis à la mi-février à Berlin, lors du symposium international sur "les perturbateurs endocriniens et les résidus de substances pharmaceutiques dans les milieux aquatiques" : "la consommation de l'eau du robinet présente un risque sanitaire négligeable". Selon eux, les traitements actuels des stations d'épurations, même s'ils ne filtrent pas directement les résidus pharmaceutiques et les perturbateurs endocriniens (sauf les pesticides), sont filtrés par le milieu naturel et dilués dans les nappes phréatiques.
Pourtant, de nombreuses études pointent du doigt un lien entre la baisse de la fertilité masculine et la présence de perturbateurs endocriniens dans l'eau du robinet. "Même s'il n'y a pas de risque à boire l'eau du robinet, des mesures de prévention s'imposent, d'autant que la consommation de médicaments va augmenter avec le vieillissement de la population", selon Martin Jekel, professeur à l'Université technique de Berlin.
La raison du non-traitement de l'eau contre ces molécules pharmaceutiques est d'ordre économique ! Il existe des procédés permettant de filtrer l'eau et l'exempter de façon notable des micropolluants, notamment avec une filtration par membrane ultrafine et absorption sur charbon actif... mais le système est couteux, et peut doubler le prix du réseau d'épuration !
Une autre solution moins couteuse réside dans la prévention des émissions de polluants à la source, directement au niveau des industries, des hôpitaux et du grand public. Ces derniers qui en sont les victimes, mais qui déversent encore trop souvent leurs médicaments usagés dans les toilettes ou à la poubelle, plutôt que de les remettre à leur pharmacien.
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E.CINESTIA
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