Néonicotinoïdes : le gouvernement Castex choisit le sacrifice des abeilles, plutôt que l’accompagnement des agriculteurs
Dédommager les betteraviers coûterait une goutte d’eau par rapport à la perte économique liée à la disparition des abeilles
La Fondation Nicolas Hulot a fait le calcul : s’il voulait bien dédommager les 25 000 betteraviers victimes de pertes de rendement dues à la jaunisse coûterait à l’État près de 77,5 millions d’euros. A noter qu’en 2017, afin de dédommager les 2300 éleveurs victimes de la grippe aviaire, le gouvernement avait débloqué une enveloppe d’un montant équivalent (77 millions d’euros).
Cette fois, cette aide qui viendrait en soutien aux pertes de 2020, pourrait être proposée chaque année pendant 3 ans selon les niveaux de perte de rendement liés à la jaunisse. Cet accompagnement aurait un double bénéfice : permettre de rassurer les acteurs, tout en orientant leurs pratiques pour gagner en résilience.

Donner un sens à cette aide : l’assortir de 3 éco-conditionnalités
En échange de ce soutien, la FNH liste 3 éco conditionnalités qui permettront justement d’atteindre une meilleure résilience face à cette maladie des betteraves :
1) Reculer les dates de semis dès 2021
En retardant la date des semis, l’objectif est d’attendre un réchauffement suffisant du sol de façon à favoriser une croissance plus rapide des jeunes plants et éviter la concomitance entre la période de maturité des pucerons et la période de sensibilité de la betterave à leurs attaques.
2) Plantation et maintien de haies plurispécifiques et des bandes enherbées
Ce type d’infrastructures agroécologiques permettra d’héberger des insectes auxiliaires prédateurs des pucerons verts ou noirs (coccinelles, larves de syrphes par exemple) de façon à ce qu’ils soient présents sur place dès l’apparition des premiers pucerons, et qu’ils puissent réduire le nombre de pucerons à l’origine de cette maladie virale.
3) Allongement des rotations de cultures
L’objectif est d’intercaler des cultures de printemps (carotte, pois ou haricot, betteraves) et cultures d’hiver (blé tendre, orge) et de diversifier les cultures au sein des fermes et des territoires avec des assolements toujours plus complexes comprenant céréales, tubercules et protéagineux, pour réduire la propagation des pucerons et rompre la chaîne de transmission de la jaunisse.


