L'accord UE-Mercosur promet une catastrophe environnementale © stock.adobe.com

L'accord UE-Mercosur promet une catastrophe environnementale

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Accord UE-Mercosur une catastrophe environnementale

Alors que la commission d’experts chargée d’évaluer les impacts écologiques du projet d’accord de commerce entre l’UE et les pays du Mercosur rendra son rapport ce vendredi 18 septembre, la Fondation Nicolas Hulot et l’Institut Veblen appellent solennellement la France à exiger son abandon pur et simple. Les conclusions de la commission sont en effet sans appel : au-delà de la politique de Jair Bolsonaro, c’est la nature même du projet d’accord visant à promouvoir les exportations de viande du Mercosur en échange de voitures, de machines et de produits chimiques européens, sans aucune obligation environnementale qui entraînera une catastrophe pour le climat et la biodiversité. 

Pourquoi ? La commisssion d’experts (Comission Ambec) a soulevé dans son rapport de nombreux constats alarmants :

- Hausse de la déforestation : Alors que les pays européens sont déjà responsables de plus du tiers de la déforestation mondiale liée au commerce des produits agricoles, cet accord entrainerait une augmentation anuelle d’au moins 25% au cours des six prochaines années, du seul fait de la hausse de la production de viande bovine prévue. Si la commission a retenu le chiffre de +5% de déforestation c’est qu’elle prend en compte uniquement la déforestation correspondante au morceau d’aloyau exporté en Europe, et non pas la déforestation générée par l’élevage de la bête entière ! Par ailleurs, le rapport de la comission souligne bien que pour un kilo de viande bovine produite en Amérique du Sud les émissions de gaz à effet de serre sont quatre fois supérieures par rapport à un kilo produit en Europe, de part la déforestation qu’elle entraine... 

- Un impact sur le climat : Les émissions de GES liées à l’accord ont été estimées à entre 4,7 et 6,8 millions de tonnes équivalent CO2, sans prendre en compte le transport de marchandise ni la déforestation. La Comission conclu que les gains économiques attendus ne permettent pas de compenser les coûts climatiques.

- L’entrée de denrées produites avec des pesticides interdits en Europe : L’accord précise bien que les produits provenants des pays du Mercosur ne seront pas tenus de respecter les standards de production de l’UE... Alors que ces standards sont extrêmement différents ! Cela facilitera l’entrée sur le marché européen de denrées agricoles traitées avec ces pesticides interdits, et donnera donc un avantage comparatif aux producteurs du Mercosur. A savoir : 27% des 190 principes actifs autorisés au Brésil sont interdits en Europe, et surtout les limites maximales de résidus sont souvent beaucoup plus hautes au Brésil qu’en Europe...

- Un risque d’affaiblissement des standards européens : la Commission souligne que l’accord pourrait donner de nouveaux outils aux pays du Mercosur pour faire pression sur les reglémentations européennes au nom du commerce, et rapelle que ces pays sont déjà très actifs sur ce sujet...

- Des contrôles sanitaires insuffissants et qui pourraient être davantage réduits : le rapport signale des défaillances et des lacunes dans les contrôles sanitaires dans les pays du Mercosur. Or, des mesures de simplification et d’allègement des contrôles sont également prévues dans l’accord, en dépit des scandales sanitaires à répétition qui ont notamment secoué le Brésil en 2017 (le scandale "Carne fraca" avait révélé que de nombreuses tonnes de viande avariée avaient pu être vendues, grâce à la complicité d’agents sanitaires corrompus).

Conclusion ? Pour la FNH et l’Institut Veblen si un accord de commerce doit voir le jour entre ces deux régions du monde, il doit être repensé et construit sur des bases complètement différentes, compatibles avec le Green Deal européen et les enjeux planétaires. En particulier, la réduction des barrières commerciales doit être strictement conditionnée au respect d’un certain nombre de critères strictes en matière sanitaire et environnementale, comme suggéré dans le rapport. Et toutes les dispositions qui pourraient conduire à affaiblir les normes existantes ou en cours d’élaboration doivent être supprimées. 

 

Chapo : 
La commission d’experts nommée par la gouvernement français a parlé : hausse annuelle de 5% de la déforestation par an pendant 6 ans, mais en réalité de 25% pour la FNH et l’Institut Veblen, entrée facilitée sur le marché européen de denrées produites avec des pesticides interdits dans l’UE, risque d’affaiblissement des standards environnementaux et sanitaires européens pour des gains économiques très faibles, sans commune mesure avec les dégâts sur le climat et la biodiversité… Sur ces bases, et quel que soit le président brésilien en fonction, la Fondation Nicolas Hulot et l’Institut Veblen appellent la France à bloquer cet accord.
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