5 bonnes raisons de laisser sa voiture au garage lorsqu’on a le choix… et surtout en ville ! © stock.adobe.com

5 bonnes raisons de laisser sa voiture au garage lorsqu’on a le choix… et surtout en ville !

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1/ La voiture pollue l’air de nos villes et nuit à notre santé… y compris celle du conducteur !

En effet, on estime que la voiture est à l’origine de 50 % à 60 % de la pollution de l’air dans les grandes agglomérations, en fonction des polluants que l’on considère... Et c’est un sujet sérieux : la pollution de l’air serait responsable d’environ 48 000 décès par an en France et d’un cas sur trois d’asthme chez les enfants. Au niveau mondial, 500 000 nouveaux nés seraient décédés en 2019, suite à une exposition prolongée de la mère à un air pollué. 

Le saviez-vous ?
15% des décès du Covid-19 seraient liés à l’exposition à long terme de particules fines, selon une récente étude internationale ! Cela va jusqu’à 18% en France. En effet, lorsqu’on respire de l’air pollué, les particules fines migrent des poumons vers le sang et les vaisseaux sanguins, ce qui endommage la paroi interne des artères. Le coronavirus cause des dommages similaires et les deux corrélés peuvent entraîner des crises cardiaques ou un accident vasculaire cérébral (étude parue dans le magazine Cardiovascular Research).

Et à l’intérieur de notre voiture... sommes-nous protégés ? Non ! Les particules fines sont deux à trois fois plus présentes dans l’habitacle de la voiture qu’à l’extérieur. En effet, le système d’air conditionné des voitures peut filtrer entre 40 et 75% des plus grosses particules, mais seulement entre 2 et 15% des particules fines. 

Si on va plus loin, l’impact de la pollution de l’air sur la santé représente également un énorme budget pour les grandes villes, qui pourrait être dépensé ailleurs : Selon une récente étude de Cleanair4health, elle coûterait 3,5 milliards d’euros par an à Paris (soit 1600€ par habitant) et 774 millions à Marseille...

Et enfin, un autre sujet à ne pas négliger : le bruit. 80% des bruits émis dans l’environnement proviennent des transports. En France, 25 millions de personnes sont affectées significativement par le bruit des transports. Parmi elles, 9 millions sont exposées à des niveaux critiques pour leur santé.

2/ La voiture est le mode de transport le plus cher...

Alors que la voiture est plus de 95% du temps stationnée, elle peut coûter en moyenne entre 5 000€ et 9 000€ par an, soit 10 à 12 % du budget des ménages ! Au kilomètre, en France, la voiture revient à 0,34€/km, contre 0,11€/km pour le vélo (Ademe).

Et ce n’est pas tout ! La voiture représente également un budget pour les collectivités. L’entretien des réseaux routiers coûte annuellement plus de 12 milliards d’euros par an aux collectivités territoriales, soit 9 % de leur budget. Problème ? Cet argent pourrait être investi dans d’autres modes de déplacement, comme les transports publics ou les pistes cyclables (Source : qu’est-ce qu’on fait ?).

Plus globalement, la voiture pèse sur le budget de la France. D’ici 2030, les embouteillages pourraient coûter 22 milliards par an : carburant gaspillé, improductivité liée aux retards de salariés, coûts supplémentaires pour les transporteurs routiers… (Source : qu’est-ce qu’on fait ?)

3/… et pas forcément le plus rapide pour nos trajets quotidiens !

Quel est l’usage de la voiture en France ? 3/4 des déplacements pour des trajets domicile-travail. Viennent ensuite les déplacements liés aux loisirs et enfin les activités sociales. Mais il faut savoir que près de 1/3 de la population française a ses activités quotidiennes à moins de 9 km de leur domicile, un trajet qui pourrait se faire notamment à vélo en 30 minutes seulement !

D’ailleurs, en agglomération, 40% des trajets effectués en voiture font moins de 3 kilomètres, pour transporter le plus souvent... une seule personne ! Dommage… car pour les trajets de quelques kilomètres, le vélo est le moyen de déplacement le plus rapide en zone urbaine. Comptez 8 à 12 min en bicyclette pour parcourir de 1,2km à 2,5km contre 16 à 18 min en voiture ! Et n’oubliez pas de compter le temps perdu et le stress inutile lorsqu’on ne trouve pas d’emplacement pour se garer ou qu’on galère en plein dans les bouchons ! 

4/ Moins de voitures, c’est plus d’espace pour profiter de la ville !

En effet, la voiture prend de la place ! A Paris par exemple, 50% de l’espace en ville est dédié à la voiture alors qu’elle est utilisée seulement pour 13% des déplacements. Cela veut dire moins de place pour les vélos, les trottinettes et pour profiter d’une balade à pied pour admirer la ville.

Par ailleurs, la voiture est stationnée 95% de son temps, alors elle a besoin de places de parking près des ménages et des lieux de destination. Mais cette place coûte cher : une place de parking et son dégagement nécessite 25m2, l’équivalent de 25 vélos ou d’un studio.

Le saviez-vous ?
Pour se rendre au travail, un cycliste utilise environ quinze fois moins d’espace de circulation et de stationnement qu’un automobiliste ! (Source : Le Monde)

De plus, il a été estimé qu’en 2050, plus de 2/3 de l’humanité vivra en ville… et l’étalement des villes est synonyme d’artificialisation des sols et donc d’une diminution des espaces agricoles et forestiers. Imaginez-vous la demande d’espace et la hausse de pollution que cela supposerait que chaque habitant se déplace en voiture... ?

5/ Choisir les mobilités douces, actives ou partagées, c’est miser sur l’avenir de la planète !

Le transport est le 1er secteur le plus émetteur d’émissions de gaz à effet de serre, en France. Plus de la moitié des émissions proviennent de la voiture individuelle, qui émet plus de GES que tous les autres modes de transport réunis ! (source : qu’est-ce qu’on fait ?)

Par ailleurs, d’année en année, les voitures mises en circulation sont de plus en plus imposantes et lourdes. Or, le poids impacte directement la consommation de carburant. Les SUV, qui représentent un véhicule vendu sur 3, consomment en moyenne +15% de carburant et émettent +20% de CO2 qu’une voiture standard (Source : WWF). D’ailleurs, dans le monde, les SUV représentent la 2e cause de la hausse des émissions de CO2, au point d’annuler la baisse des émissions de CO2 liées à l’arrivée des véhicules électriques !

Et en parlant de véhicules électriques : s’ils émettent en moyenne 2 à 3 fois moins de gaz à effet de serre qu’un véhicule diesel ou essence, ce n’est pas pour autant la solution miracle ! Certes, on dit adieu aux gaz d’échappement, mais la production d’un véhicule électrique, et de sa batterie en particulier, a un impact important sur l’environnement. Par ailleurs, la consommation d’électricité doit être maîtrisée. Donc passer à l’électrique, oui, mais sous certaines conditions !

Calculez l’empreinte carbone de vos déplacements
Ecolab, un outil développé par l’Ademe, vous permet selon le nombre de kilomètres de savoir quelle est votre empreinte carbone selon le mode de transport utilisé.

Convaincu.e ? On l’espère ! 

Et bien sûr, il ne faut pas oublier que dans les zones peu denses et en milieu rural, la plupart du temps, laisser la voiture au garage n’est pas une option car peu d’alternatives sont à disposition des habitants. C’est pour cela qu’il est essentiel de développer davantage d’alternatives accessibles à tous et dans l’ensemble du territoire !

Découvrez l’épisode 4 de notre série sur la mobilité "On n’est pas arrivé !", avec Nicolas Meyrieux

Chapo : 
En période de crise sanitaire, les modes de transport individuels et en particulier la voiture sont souvent privilégiés... Problème ? Cela génère de nombreux embouteillages et aggrave la pollution de l’air, qui à son tour a un impact sur la santé... Pourquoi lorsqu’on a le choix, préférer d’autres moyens de transport à la voiture est la meilleure option ? On vous donne 5 bons arguments !
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