Le bilan Obama en politique intérieure.

Quelques espoirs et beaucoup de déceptions...

Le président Barack Obama avait suscité un immense espoir lors de son élection. Son slogan yes we can avait fait le tour de la planète. Dans un pays

lundi 10 octobre 2011, par

Le président Barack Obama avait suscité un immense espoir lors de son élection.

Son slogan yes we can avait fait le tour de la planète. Dans un pays profondément conservateur, succéder au catastrophique G.W. Bush était une chance inespérée de changer la société américaine.

Pour avoir reculé sur tous les grands dossiers, Barack Obama est en difficulté pour un second mandat. C’est tout sauf une surprise. Brillant, beau parleur, Barack Obama aura quoiqu’il arrive marqué l’histoire politique des Etats-Unis en étant le premier président noir élu dans un pays où l’égalité raciale est toujours à établir. Mais il symbolise aussi ce qui arrive quand la compétence n’est pas le premier critère retenu par les électeurs, phénomène fréquent dans un monde où la référence identitaire l’emporte, hélas, souvent sur le talent.

Même si son mandat ne se termine qu’en 2012, on peut déjà observer ce qui sera sans doute son bilan définitif, car il est peu probable que se trouvant déjà en précampagne il modifie la politique qu’il a menée jusqu’à présent. Certes, il a rencontré une farouche résistance des ultras conservateurs républicains, mais difficile de dire que c’était une surprise.

Ses récentes déclarations contre l’incapacité des gouvernements européens à résoudre la crise économique et contre le protectionnisme chinois ne manquent pas d’arrogance. A-t-il déjà oublié que la crise que traverse l’Europe a pour origine la crise des subprimes intervenue en 2008 dans son pays et qu’en matière de protectionnisme, les USA sont plutôt des champions et des spécialistes.

Barack Obama ne semble brusquement plus se souvenir de ses constantes oppositions à toute mesure de régulation ou de taxation du système financier international. Trouver dans l’Europe un bouc émissaire ne sauvera pas son lourd bilan, fait d’échecs et de reniements.

La multiplication des protestations sociales de rue, phénomène nouveau et rare aux USA, témoigne d’une crise économique profonde du pays et les slogans des manifestants sont bien dirigés, non pas contre l’Europe ou la Chine, mais contre les spéculateurs de Wall Street, et l’incapacité du gouvernement américain à remettre de l’ordre dans un système devenu fou.

La déclaration de Barack Obama selon laquelle il suffit que les banques et autres établissements financiers se fassent concurrence sur la base du meilleur service, des meilleurs produits et du meilleur tarif pour que le système fonctionne à nouveau témoigne tout à la fois d’une incompétence regrettable, d’une absence de volonté de s’attaquer aux causes réelles de la crise et d’un décalage complet avec l’attente des citoyens américains en difficulté. Contraint de lancer un plan de relance de l’emploi de 447 milliards de dollars, il n’arrive même pas à obtenir la confiance de certains sénateurs démocrates... Sa proposition de réduction d’impôts pour les classes moyennes et les entreprises laisse transparaître un conservatisme classique et très américain, alors que le taux de chômage officiel est de 9,1% et que la précarité de ceux qui ont un emploi est toujours aussi forte.

Le plan de relance de 787 milliards de dollars, lancé en 2009, a été consacré pour un tiers à des allégements d’impôts qui ne se sont pas traduits par une reprise de la consommation et un autre tiers destiné à des grands chantiers a été un échec, faute de réalisations effectives. Presque la moitié des fonds programmée n’ont pas été dépensés. Résultat consternant pour le président américain, 73 % de ses compatriotes désapprouvent sa politique économique.

Quant à la dette des Etats-Unis, elle explose et semble être une perpétuelle fuite en avant. Barack Obama poursuit une politique traditionnelle qui voit son pays vivre à crédit, bien au-dessus de ses moyens et totalement indifférent au risque que fait peser sur l’économie mondiale, l’énorme dette américaine que le spécialiste de Nomura Securities (banque d’affaires japonaise), Aaron Kohli, qualifie d’équivalent financier d’une bombe nucléaire.

N’oublions pas que cette dette est d’une telle ampleur qu’elle a provoqué une crise très puissante puisqu’elle dépassait le niveau autorisé par le Congrès, d’où une épreuve de force pathétique contre le camp républicain.

Comment ne pas mettre au passif d’Obama son échec dans le domaine de la santé, pourtant objectif phare de sa présidence. Au terme d’une loi incompréhensible, ce sont les assureurs privés qui ont renforcé leur position. D’ores et déjà, ils ont considérablement augmenté leurs primes d’assurance-maladie afin d’anticiper l’obligation qui leur sera faite en 2014 d’accepter de nouveaux clients nonobstant leur état de santé, et l’interdiction de plafonner le montant des frais médicaux qu’ils assurent.

Ce n’est qu’en 2014 que les familles les plus modestes pourront accéder au programme public Medicaid, géré par les Etats et le gouvernement fédéral qui a pour but de fournir une assurance maladie aux individus et aux familles à faible revenu. Malgré quelques avancées, la nouvelle loi a été acceptée au prix de lourdes concessions qui font que la santé reste considérée comme un vaste marché. Barack Obama a dû céder face au lobby des assureurs et à la pression des conservateurs, y compris démocrates. En conséquence, pas de nouveau système d’assurance publique et pas de remboursement des dépenses d’interruption de grossesse. Du coup plus de 20 millions d’Américains pourraient restés totalement écartés des systèmes d’assurance-maladie.

La promesse de Barack Obama d’assurer tous les Américains à moindre coût, ne sera donc pas tenue, même si des améliorations ont été apportées à une situation bien loin de notre conception d’une politique de santé publique.

En matière d’environnement et de développement durable, la présidence actuelle n’a rien fait avancer, cédant là aussi devant le lobby des industriels. Pas de taxe sur les émissions de carbone et pas d’engagement fort pour modifier un type de production et de consommation écologiquement désastreux. L’Amérique d’Obama pollue autant que celle de Bush.

Sur un plan social, les droits des syndicats et des salariés américains n’ont pas bougé d’un pouce. Seul un fumeux Conseil des solutions communautaires de la Maison Blanche a été mis en place en décembre 2010, sans que rien de productif n’en résulte. Que dire de plus, si ce n’est d’observer également sa politique extérieure...

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