« Bonjour, une robe en tuberculose s’il vous plaît ! »

Des robes fabriquées avec… des bactéries.

Une créatrice britannique utilise des bactéries dangereuses et mortelles pour élaborer ses vêtements. Le moins que l’on puisse dire, c’est que sa vision de la mode est assez insolite.

mercredi 18 décembre 2013, par

© fotolia.com

Un univers atypique pour une artiste peu classique.

Cette créatrice (mais aussi chercheuse !), c’est Anna Dimitriu. Son travail est un mélange harmonieux de deux disciplines pas si évidentes à associer : l’art et la science. Elle utilise non seulement la biologie, mais aussi les médias numériques et traditionnels ; et elle se base donc sur la pratique artistique, scientifique, microbiologique, robotique et technologique. Rien que ça ! Le Science Museum de Londres tient d’ailleurs actuellement une exposition de ses œuvres. Anne Dimitriu a également fondé « L’Institut de recherche inutile », qu’elle dirige par la même occasion. Il s’agit d’un projet réunissant plusieurs artistes et scientifiques afin de travailler ensemble, se démarquant ainsi des pratiques de recherches conventionnelles. Meneuse d’un grand projet international intitulé « Croyez-moi, je suis une artiste. Vers une éthique de collaboration art/sciences », Dimitriu se questionne sur les problèmes d’ordre éthique pouvant survenir lorsqu’un artiste travaille dans les mêmes conditions qu’un scientifique. C’est dire à quel point l’idée est étrange et inédite !

Des vêtements vraiment « mortels » !

Bien évidemment, pas de panique à avoir au niveau des robes : elles ne sont pas infectées puisque les souches de microbes dangereux sont stérilisées au préalable. C’est dans un laboratoire respectant les normes de sécurité qu’Anne Dimitriu cultive des bactéries résistantes aux antibiotiques sur du tissu. Seconde étape, les transformer en robes et les exposer ! Invisibles à l’œil nu, les bactéries peuvent quand même être admirées (ou pas) par les visiteurs : c’est là tout l’intérêt de ses œuvres.
La robe que vous pouvez voir ci-dessus est la VRSA dress, créée à partir de la bactérie « Staphylococcus aureus  », résistante à la vancomycine et non dangereuse. Elle a été réalisée en collaboration avec le CRC anglais, un projet médical en microbiologie moderne. Une réalisation très « 2013 », mais un style très « 1960 » !
Si vous souhaitez découvrir les créations d’Anna, n’hésitez pas à faire un tour sur son site web officiel ! Quant à ceux qui veulent voir les fameuses robes en microbes, c’est par ici !

La tribu éco-citoyenne a la parole !
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