Quelle est la première banque en ligne en nombre de clients en France ?

Le marché de la banque en ligne est difficile en France. La mobilité bancaire, pourtant largement encouragée par les gouvernements successifs, reste poussive. Le plus souvent les banques en ligne sont encore réservées au rôle de "seconde" banque d’appoint. Le nombre des clients des banques en ligne progresse, mais à quel prix ? Primes de bienvenue de plus en plus élevée, de 80, 120, 160€. Il suffit de souscrire plusieurs produits simultanément pour "empiler" les primes. Dans ce contexte de surenchère, l’arrivée des néobanques vient un peu plus troubler le marché...

jeudi 20 septembre 2018, par

Banques en ligne : un marché français difficile

Les banques en ligne souffrent en France. Les actions des gouvernements successifs en matière de changement de banques (mobilité bancaire) n’ont pas véritablement déverrouillé le marché bancaire en France. Les banques en ligne restent encore souvent des "secondes" banques, les clients conservant une banque traditionnelle comme banque principale. La plupart des banques en ligne ont donc adapté leurs conditions d’ouverture de compte en instaurant des revenus minimum, afin d’effectuer une segmentation de leurs clients et de tenter de préserver leurs marges. Des frais pour compte inactif ont été également mis en place rapidement, afin de faire fuir ces clients profitant uniquement d’une carte bancaire à titre gratuit, sans toutefois réellement l’utiliser.

La stratégie à contre-courant de Monabanq rapidement copiée

Seules quelques banques, à l’instar de Monabanq ont fait le choix d’un forfait bancaire payant, à partir de 2€/mois (ou 6€/mois selon le niveau de services souhaités), assorti d’une quarantaine de services bancaires inclus. Ainsi, Monabanq, certaine de ses revenus, n’a pas eu à instaurer des revenus minimum pour l’ouverture d’un compte bancaire. Une stratégie commerciale que les banques en ligne, positionnées sur le gratuit, ont rapidement suivi, compte-tenu de son succès. Ainsi, les offres payantes sont apparues auprès des banques en ligne vantant pourtant au départ la gratuité de leurs services bancaires pour les opérations les plus fréquentes. Nous ne sommes plus à une contradiction près. Il faut être présent sur tous les fronts, une question de survie.

Nombre de clients, atteindre la masse critique, le nerf de la guerre

Le nombre de clients est considéré par les banques en ligne comme une donnée sensible. Le modèle économique reposant uniquement sur l’effet de masse. Plus une banque compte de clients, plus le point d’équilibre par client sera facile à atteindre. La publication du nombre de clients reste donc le plus souvent confidentielle, sauf quand la banque en question peut se vanter d’avoir effectuer une bonne progression. Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme...

Arrivée des néobanques

Le marché n’a jamais véritablement décollé et l’arrivée récente des néobanques et autres établissements de crédits proposant des services bancaires sans frais, va leur rendre leur progression encore plus délicate. A la différence des banques en ligne, les néobanques ne sont pas des banques, mais des établissements financiers proposant uniquement des [a[moyens de paiement]a] (sans licence bancaire).

Multiplier les clients de façon "artificielle"

Mais le nombre de clients publié peut être biaisé. Les bonnes ruses feront-elles les bonnes affaires ? Certaines banques en ligne n’hésitent plus. Afin d’augmenter leur nombre de clients, elles rendent obligatoire l’ouverture d’un compte courant maison, même si le client choisit un produit tout autre. Par exemple, un livret épargne. Quel intérêt de posséder un compte courant si l’on souhaite ouvrir un livret épargne ? Aucun. La banque répondra que le passage des fonds via le compte courant est une obligation. Certes, une obligation marketing.

De même, certaines banques jouent la carte de la filiation à fond. Ainsi, [a[Boursorama]a] n’hésite plus à faire ouvrir des comptes courant à vos enfants, si vous êtes client de la banque en ligne. Si vous décidez de leur ouvrir un livret enfant, pour y déposer par exemple leurs étrennes, vous aurez la surprise qu’ils se retrouveront titulaires d’un compte courant également. Vu de la banque, cela fait toujours un client de plus. Charge à cet enfant, une fois devenu majeur de résilier ce compte, ou pas. Les parents ne pouvant plus ordonner sa clôture une fois la majorité de votre enfant atteinte. Décidément, un drôle de jeu...

La tribu éco-citoyenne a la parole !