Rentrée scolaire : les profs, bien plus stressés que les élèves

Trop souvent, les profs et les élèves rentrent dans une période de tests en début d’année...

Les nouvelles recrues de l’Education Nationale sont à un niveau de stress maximum, à la veille de la rentrée scolaire. En jeu, des élèves peu enclins à suivre leurs cours...

samedi 30 août 2014, par

Ces jeunes enseignants qui rêvent d’enfants adorables, prêts à les écouter durant toutes les heures de cours... Seront forcément déçus. Si notre système éducatif perd des places chaque année dans les différents classements internationaux, l’attitude des enfants en est la principale cause.

Reflet du non-respect de la société pour cette profession de la transmission du savoir, les enfants ne reproduisent que les réflexions et les attitudes de leurs parents. Pourtant, ce plus beau métier du monde, qu’est apprendre aux autres devrait être reconnu et valorisé. C’est un paradoxe de plus en France.

Avec un budget le plus important en Europe, la France sous paie ses professeurs, et gaspille un budget énorme en administratif. Un gâchis qu’il faudra bien un jour réduire... Mais dès que l’on touche à l’éducation nationale, et non aux profs, c’est tout de suite un tollé général. Allez comprendre, le lobby des uns, font le déficit des autres.

Les jeunes recrues ont le trouillomètre à zéro, et c’est bien normal !

Elle aimerait encore s’imaginer une classe de jeunes "enfants, forcément adorables", mais sait qu’elle va plutôt affronter "des ados boutonneux pas du tout enclins à apprendre l’histoire-géo". C’est la première rentrée pour Marie, lundi, prof en Seine-Saint-Denis.

"Ça va être un peu le saut dans l’inconnu", avoue cette jeune femme de 24 ans, accueillie mardi par le rectorat de Créteil pour préparer la rentrée, comme des centaines de nouvelles recrues de l’académie, qui recouvre trois départements de région parisienne.

Témoignage de Marie, jeune enseignante

(source franceinfo.fr)

Rentrée scolaire : les profs plus stressés que les élèves
Rentrée scolaire : les profs plus stressés que les élèves © fotolia.com

Devenir enseignante, c’était "son rêve de gamine", assure-t-elle. Mais quand elle s’amuse à se décrire "dans 40 ans", son ironie devient grinçante : "Sans doute en dépression, fumeuse, avec plein de café dans le sang".

Dans son collège de Saint-Ouen, en zone d’éducation prioritaire (ZEP), Marie sera seule face à plus de 30 élèves. Vertigineux quand on n’a pas fait le moindre stage. "J’essaye de ne pas y penser." "Beaucoup sont déjà stressés. Moi, je pense que ce sera ce week-end", confie Diane, future prof d’économie dans un lycée d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

En attendant d’assister au discours d’accueil de la rectrice d’académie dans un amphi de la fac de Créteil spécialement réquisitionné, elle imagine, l’œil déterminé, ses premiers pas face aux élèves.

"Il faut me faire respecter tout de suite, montrer que c’est moi le professeur. Sans être forcément sévère, je vais leur faire comprendre que je n’ai pas prévu de me laisser faire", affirme-t-elle sans broncher malgré la pluie qui perle sur ses boucles blondes et son caban rouge vif.

Puis elle ajoute tout sourire : "Après, c’est plus facile à dire qu’à faire. Il y aura forcément des rebelles..."

li "Les élèves vont nous tester" -

Comme chaque professeur stagiaire, elle suivra toute l’année en alternance une formation théorique à l’École supérieure du professorat et de l’éducation (Espé) de Créteil, successeur de l’IUFM, pour peaufiner son approche. En général, deux jours à enseigner, trois autres à étudier.

Nicolas, futur prof de d’EPS au look de surfeur, attend beaucoup de cette formation, même s’il a déjà fait quelques semaines de stage l’an passé. "On pense connaître le métier, sans en avoir réellement une grande expérience. J’ai été loin de la réalité du terrain lors de mon année de stage", estime-t-il, assis décontracté sur les marches d’un escalier.

A 25 ans, il se dit "impatient et curieux" de débuter dans son établissement de Seine-et-Marne et "pas plus stressé que ça". "Étant donné notre âge, les élèves vont nous observer, nous tester, mais sans forcément être méchants", prédit-il.

"Moi, je vais y aller au feeling", assure Antoine, 22 ans, qui passerait presque encore pour un lycéen avec sa tenue "T-shirt-jeans-baskets".

Futur prof de physique à Meaux, ville plutôt tranquille, il avoue être "bien tombé" au sein d’une académie de Créteil souvent boudée par les enseignants, qui craignent d’être nommés dans une banlieue difficile.

Antoine, lui, refuse de se projeter plus loin que les quatre prochains mois : "J’ai envie de voir si c’est vraiment ça que je voulais faire. Je pense que je le saurai d’ici les vacances de Noël..."

La tribu éco-citoyenne a la parole !
Un message, un commentaire ?
Forum

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

CORRIGÉ : Rénovation urbaine : 5 milliards débloqués en six mois (gouvernement)

jeudi 23 mai 2019

Les grues reviennent dans nos quartiers : cinq milliards d’euros ontété engagés par l’agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), a (...)

Foncier agricole : les prix des terres d'élevage en net recul en 2018 (FnSafer)

jeudi 23 mai 2019

L’écart entre les prix des terres agricoles destinées à la culture et celles vouées à l’élevage est au plus haut depuis 1997, en grande partie (...)