Comment éviter la peur de l’école ?

Plus d’un tiers des jeunes souffrent à l’école.

On connaissait la souffrance au travail, on redécouvre la souffrance à l’école et c’est au fond un peu la même... juste qu’il s’agit là de celle des écoliers

lundi 27 septembre 2010, par

On connaissait la souffrance au travail, on redécouvre la souffrance à l’école et c’est au fond un peu la même... juste qu’il s’agit là de celle des écoliers !

Stress intense, mal de ventre et peur de l’échec, l’écolier de milieu modeste vit déjà le même drame que ses parents.

L’enquête 2010 de l’Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev) révèle combien la souffrance morale est présente chez les jeunes écoliers des quartiers populaires. Les données qu’elle fait ressortir sont d’autant plus intéressantes qu’elles viennent quasiment directement du terrain en raison de la nature même de l’Afev. Il s’agit en effet d’une institution regroupant 7 500 étudiants qui viennent en aide bénévolement à 10 000 élèves scolarisés en zone d’éducation prioritaire (ZEP).

Pour des dizaines de milliers d’ados des cités, l’école est un cauchemar synonyme d’ennui, de mal-être, d’humiliations, de mauvaises notes.
Plus d’un tiers (35,9%) des écoliers et des collégiens ont mal au ventre avant de franchir le portail de leur établissement. Pas moins de 30% (contre 28% en 2009) n’aiment pas aller en cours. L’école est source de stress pour cette jeunesse issue de milieux plutôt défavorisés.

Le système typiquement français de notes assassines, les emplois du temps surchargés, le culte de la performance dès la maternelle... mettent la pression sur des élèves intimidés, parfois même terrorisés.

Selon un classement établi par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), la France se situe au 22e rang (sur 25) en termes de qualité de vie en classe. Et en matière de stress scolaire, nos petits écoliers, qui appréhendent sacrément l’échec, sont vice-champions du monde, juste derrière leurs camarades japonais !

Alors que faire pour réduire ces angoisses ?
Entre autres propositions, l’Afev suggère un accompagnement des parents qui se sentent impuissants par rapport au malaise de leurs enfants. Le chercheur en sciences de l’éducation, André Antibi, milite, lui, depuis des années, pour que l’école en finisse avec son système d’évaluation plus que contre-productif, et la constante macabre qui veut que dans une classe, au mieux un tiers des élèves aura une bonne note, un tiers la moyenne et un dernier tiers se retrouvera en échec.

Sa solution ? L’évaluation par contrat de confiance, expérimentée aujourd’hui par quelque 30 000 professeurs.
En gros, c’est le même principe que lorsqu’on passe le Code de la route : avant l’examen, on sait à quelles questions (qui collent au programme) on doit s’attendre. Fini donc les interrogations pièges !

L’école est le seul lieu qui ne fonctionne pas comme ça. Même un futur pilote de ligne a bûché avant le concours sur une liste de pannes répertoriées, insiste cet expert. Ce n’est pas non plus une méthode miracle. Il restera quand même des élèves en échec, on ne fera pas aimer toutes les matières à tous, mais sur les 10% d’échecs restants, on aura la certitude que ce n’est pas un échec artificiel, mais lié à l’absence de boulot. Or, les élèves qui ne bossent pas ne souffrent pas ! observe-t-il.

La méthode proposée par André Atibi mérite réflexion, mais il n’apparaît pas évident que la notation soit le facteur essentiel de l’échec scolaire et de la souffrance à l’école ; ce serait peut-être faire l’impasse sur les moyens de l’enseignement, vaste débat, et son contenu. Seule certitude hélas, notre système éducatif ne remplit plus son rôle, et des enfants sont en souffrance et en désespérance.

La tribu éco-citoyenne a la parole !
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