Chine : contrôle des naissances par la violence.

Le droit des femmes bafoué en Chine.

La politique de l

mercredi 26 janvier 2011, par

La politique de l’enfant unique mise en place par le gouvernement chinois en 1979 est responsable d’une grande partie des violences faites aux femmes dans le pays.

Les organisations chinoises de défense des droits de l’homme s’insurgent contre les violences liées à la politique familiale du pays.

Un rapport publié en décembre 2010 par l’association de défense des droits de l’homme, Chinese Human Rights Defenders (CHRD), détaille les violences faites aux femmes en Chine sous couvert de la politique de l’enfant unique imposée par le gouvernement depuis 30 ans. L’application de la politique encourage la violence contre les femmes, explique le CHRD, réseau de militant basé à Hong-Kong. Ce rapport intitulé Je ne dispose pas de mon propre corps liste de nombreux abus.

Des violences multiples
La politique de l’enfant unique conduit parfois qu’après leur première enfant, les femmes subissent une stérilisation forcée ou la mise en place d’un dispositif intra-utérin (stérilet) obligatoire.

Les pertes d’emploi suite à la naissance d’un deuxième enfant ne sont pas rares non plus, touchant les femmes, mais également leur conjoint. De même, les avortements dans les derniers mois de la grossesse sont fréquents, notamment pour les femmes célibataires ou les couples n’ayant pas l’âge légal pour se marier (22 pour les hommes et 20 pour les femmes).

Ceux qui dépassent les quotas autorisés, qui refusent une intervention chirurgicale ou qui manquent leur rendez-vous gynécologique sont contraints de payer une amende.

Application inégale et violente de la politique familiale
Le rapport montre également une application très inégale de cette politique. Alors qu’en ville la politique est particulièrement stricte, dans les campagnes, un deuxième enfant est généralement permis si le premier est une fille. Certaines minorités ethniques sont également autorisées à dépasser le quota.

Les populations les plus riches peuvent simplement s’acquitter de l’amende destinée à ceux qui ne respectent pas la règle de l’enfant unique. D’autres, qui n’ont pas ces moyens, choisissent de ne pas déclarer le bébé auprès des autorités, privant ainsi l’enfant d’un statut social à partir entière.

Dans certaines zones rurales, les responsables locaux doivent faire respecter les quotas et pour cela tous les moyens sont bons. Ils sont ainsi récompensés ou punit en fonction de leur réussite ce qui favorise des méthodes violentes et radicales. Les amendes peuvent atteindre 4 fois le revenu annuel moyen par habitant de la région concernée. Dans une ville de la province de Hunan, le gouvernement aurait récolté 1,8 milliard de dollars entre juillet et septembre 2010 selon ces propres chiffres. Devant de telle rentrée d’argent, on comprend pourquoi l’Etat hésite à changer sa politique.

Impact sur le vieillissement de la population
Si la politique de contrôle des naissances a aidé la Chine à avoir la croissance économique qu’on lui connait en réduisant les dépenses liées à l’éducation et l’alimentaire par exemple, elle devient également dangereuse pour le renouvellement de sa population sur le long terme. Avec un taux de fécondité en diminution et un nombre de célibataires sans enfant grandissant, la Chine voit vieillir sa population de façon inquiétante.

Le déséquilibre entre le sexe, induit par la politique de l’enfant unique qui favorise la naissance des garçons, va devenir dans les années à venir un problème majeur. En effet, en raison des avortements sélectifs permis grâce aux échographies illégales, la Chine compte officiellement 119 naissances de garçons pour 100 naissances de petites filles. Pourtant, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de ne pas modifier cette politique familiale. Elle devrait rester en place jusqu’en 2015.

Des méthodes qui bafouent les droits de l’homme
Peu importe que les couples soient autorisés à avoir un ou deux enfants, le fait est que le gouvernement continue à utiliser la contrainte pour décider non seulement du nombre d’enfants qu’un couple peut avoir, mais aussi de ses méthodes de contraception, s’indigne le CHRD. Pour cette organisation, l’inexcusable n’est pas la restriction du nombre de naissances, mais le fait que cette restriction soit imposée par a coercition et la violence, et non par l’éducation.

La tribu éco-citoyenne a la parole !
Un message, un commentaire ?
Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

CORRIGÉ : Rénovation urbaine : 5 milliards débloqués en six mois (gouvernement)

jeudi 23 mai 2019

Les grues reviennent dans nos quartiers : cinq milliards d’euros ontété engagés par l’agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), a (...)

Foncier agricole : les prix des terres d'élevage en net recul en 2018 (FnSafer)

jeudi 23 mai 2019

L’écart entre les prix des terres agricoles destinées à la culture et celles vouées à l’élevage est au plus haut depuis 1997, en grande partie (...)