L’Afssaps s’inquiète des dons de lait maternel.

Un allaitement avec le lait d’autrui.

À la naissance de bébé, les femmes ne sont pas égales devant la quantité de lait maternel qu

jeudi 5 mai 2011, par

À la naissance de bébé, les femmes ne sont pas égales devant la quantité de lait maternel qu’elles vont pouvoir produire.

Un réseau de partage de lait s’est ainsi créé afin de fournir celles qui en ont le moins et qui souhaitent nourrir leur bébé au lait maternel, mais cette démarche ne serait pas totalement sans risque pour le bébé.

Le réseau The Human Milk for Human Babies global network permet la mise en contact de mères désirant nourrir leur enfant au lait maternel, mais ne pouvant physiquement y parvenir, avec des mères donneuses de ce lait. Certains professionnels et plusieurs autorités sanitaires s’inquiètent de ce système et des dangers qu’il peut représenter pour les enfants.

Convaincues des bienfaits du lait maternel pour les enfants, nombreuses sont les mères qui souhaiteraient allaiter. Malheureusement, certaines d’entre elles ne produisent pas assez de lait pour allaiter leur enfant. Elles se tournent ainsi vers ce réseau mondial de partage de lait via facebook sur les pages des Human Milk 4 Human Babies sans se rendre compte des risques pour l’enfant.

Inquiétudes des organismes de santé
L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a lancé fin avril une mise en garde contre cette pratique. Si ce don de lait est pour l’instant peu développé en France, elle l’est davantage dans d’autres pays. Aux Etats-Unis, et au Canada notamment les autorités sanitaires partagent ces inquiétudes.
L’Afssaps regrette qu’aucun contrôle ne soit effectué sur la donneuse, comme cela est fait dans les lactariums français, organismes qui collectent, traitent et distribuent de façon payante du lait maternel.

Selon une étude récente parue aux Etats-Unis, 3,3% des 10 91 donneuses bénévoles de lait contrôlées se sont avérés positive à différents virus (syphilis, hépatites, VIH...).

Les risques de transmission de pathologie seraient possibles
Avec le système de don de lait via le web, les autorités craignent une contamination des enfants. Aucun contrôle microbiologique et sérologique n’étant exercé a priori sur la donneuse lorsque le don est effectué en dehors des lactariums, le lait présente un risque pour l’enfant. Les bactéries en cause peuvent provoquer des septicémies et des méningites chez le nouveau-né si ces germes sont ingérés en quantité importante dans le lait maternel, explique l’Afssaps. Elle craint également des risques de transmission d’infections tels que le sida, les hépatites et la rubéole. Les spécialistes notent également le risque de transmission du virus HTLV dont quinze à vingt millions de personnes seraient infectées dans le monde. Découvert dans les années 80, ce rétrovirus humain est notamment associé à une leucémie lymphoïde.

Certains professionnels craignent aussi la transmission de produits médicamenteux à travers le lait ou de drogues si la mère en consomme. Pour les lactariums de France, cette pratique n’est pas dénuée de risques graves. Ce sont d’ailleurs les seuls organismes français habilités à distribuer du lait maternel humain après un travail d’analyse du lait recueilli, un traçage et une pasteurisation spécifique. Et encore, si la plupart des bactéries et des virus sont éliminés, ces procédés ne peuvent garantir, une élimination à 100%, explique les spécialistes.

Autre problème soulevé par les professionnels, le transport du lait. Avec un système non réglementé comme le don via Facebook, le lait risque d’être soumis à rude épreuve lors du transport. Un problème de conservation se pose alors.

Les lactariums français réunissent environ 60 000 litres de lait, ce qui correspond à peine à la quantité nécessaire aux 50 000 prématurés nés chaque année en France. Le lait ainsi distribué constitue un produit de santé soumis à prescription médicale, rappelle l’Afssaps. Les volontaires sont donc les bienvenues pour offrir aux bébés le nécessitant du lait maternel de la façon la moins risquée possible.

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