Enceinte et au régime : un duo nuisible pour bébé.

Plus de risque d’être obèse en grandissant.

Le nombre d’enfants obèses ne cesse d’augmenter en France, pour partie, les régimes minceur que s’infligent les mères pendant la grossesse en augmenteraient fortement les risques. Décryptage

dimanche 7 avril 2013, par

Alors que le nombre d’enfants touchés par l’obésité ne fait qu’augmenter, des chercheurs se sont penchés sur les causes prénatales possibles

Ils ont ainsi mis en évidence le lien entre le régime de la femme enceinte et le risque plus grand pour l’enfant d’avoir un métabolisme le conduisant à l’obésité.

Être enceinte et faire un régime en même temps jouerait un rôle essentiel sur le métabolisme du futur bébé et pourrait lui être néfaste. Voici ce qu’ont mis en évidence récemment des chercheurs de l’université de Southampton en Angleterre, d’Auckland en Nouvelle-Zélande et d’un institut de Singapour.

Une association qui nuit à la construction de l’ADN du bébé
Les chercheurs indiquent que d’après leurs résultats, les femmes enceintes qui suivent un régime avec des restrictions alimentaires augmentent les risques d’obésité de leur futur bébé. Ce que la mère ingurgite pendant la grossesse joue donc un rôle essentiel dans la construction de l’ADN de l’enfant. C’est le changement épigénétique qui entre en scène. Plus le niveau de changement épigénétique est élevé, plus le métabolisme de l’enfant aura tendance à accumuler les graisses. Le risque d’obésité est ainsi plus fort.

De l’embryon à l’enfant risquant d’être obèse
Ces résultats sont le fruit d’une recherche internationale. Les chercheurs ont travaillé sur 300 bébés. Les analyses génétiques ont porté sur les cordons ombilicaux des bébés ainsi que sur l’alimentation maternelle et le poids des enfants entre 6 et 9 ans. Les résultats, publiés dans la revue scientifique Diabetes, montrent une forte corrélation entre les changements épigénétiques élevés et des poids supérieurs à la normale par la suite. Les résultats des études montrent qu’entre 6 et 9 ans, ces enfants ont un poids supérieur d’environ 3 kilos.

Les chercheurs émettent l’hypothèse, à confirmer que le manque d’hydrates de carbone (sucres) pendant les trois premiers mois de grossesse pourrait être à l’origine de cette anomalie. Selon cette théorie, l’embryon adapterait son métabolisme à ce niveau d’apport et se retrouverait ensuite déstabilisé face à des apports normaux, stockant plus facilement les graisses.

Nourriture : de la mère à l’enfant
Ces chercheurs prouvent ainsi le lien entre la manière de se nourrir de la mère et le risque d’obésité infantile. Selon eux, ces données sont essentielles, car cela pourrait être un outil majeur pour gérer l’épidémie d’obésité. Le surpoids de l’enfant a de grandes chances de se retrouver à l’âge adulte avec tous les risques (cardiovasculaires, diabète...) que cela comporte. Ces résultats devraient permettre de travailler sur le régime alimentaire idéal pour la mère et l’enfant et ainsi lutter contre l’obésité infantile.

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