Vous mangez du poisson ? Vous tuez des dauphins ?

Le raccourci vous paraît un peu trop rapide ? Et pourtant... L’omerta se doit d’être levée.

Manger du poisson, c’est tuer des dauphins. Le raccourci vous paraît un peu trop rapide ? Et pourtant. Les chiffres sont là. Ce ne sont pas les pêcheurs les méchants, mais les méthodes de pêche qui ne sont pas adaptées aux espèces recherchées.

mercredi 7 mars 2018, par

Tous les pêcheurs ne sont pas dans le même bateau !

Le Comité des pêches accuse Sea Shepherd de vouloir faire passer les pêcheurs pour des méchants, mais il se rend par cette déclaration coupable d’un amalgame que nous ne faisons pas nous-mêmes.
Si nous ne faisons l’apologie d’aucune forme de pêche et incitons les gens à manger moins de poissons, nous faisons une différence entre une petite pêche sélective et des techniques de pêche aussi destructrices que le chalutage ou la pêche à la senne.

Ce ne sont pas « des amis des animaux » qui nous ont alertés sur cette problématique, mais des pêcheurs. Ils sont nombreux à se mobiliser depuis des années contre la pêche au chalut sur les zones de frayères du bar dont ils sont en réalité, les plus farouches opposants.

Sea Shepherd réagit aux propos du Comité des pêches

« Provocation, diffamation, populisme de bas étages, propos nauséabonds », le Comité des pêches n’a pas de mots assez durs pour qualifier l’opération « Dolphin By Catch » lancée par Sea Shepherd le 23 Février dernier.

Le Comité des pêches affirme dans un communiqué « rétablir quelques vérités ». En parallèle, les Ministères de l’Agriculture et de la Transition Ecologique disent rester mobilisés pour réduire les captures de dauphins. Parlons-en.

Comité Des Pêches

« Il n’y a pas de "pêche dirigée" Les dauphins échoués sont morts en raison de facteurs multiples « Causes naturelles : mort consécutive à l’échouage vivant accidentel, compétition interspécifique, prédation, autres morts naturelles. »

Sea Shepherd

Certes, comme toute espèce vivante, les dauphins meurent de cause naturelle mais d’après les analyses scientifiques établies sur les 800 cadavres échoués en 2017, plus de 90% d’entre eux montraient des traces caractéristiques de captures dans des filets.

Une présentation honnête des faits devrait donc commencer par ce qui est de loin, la principale cause de mortalité des dauphins en France. Par ailleurs, si les dauphins ne sont pas ciblés intentionnellement, ils sont des dommages collatéraux non assumés par les principaux responsables et cachés au grand public grâce à la complicité du Ministère de l’Agriculture qui entretient une confortable omerta.

Comité Des Pêches
La population n’est pas en voie d’extinction. La population de Delphinidés presents dans le Golfe de Gascogne en hiver est estimée à 300 000 individus (Laran et al. 2016, Observatoire Pelagis).
Sea Shepherd
D’après les estimations plus récentes, les dauphins communs (principales victimes en Atlantique) seraient environ 200 000 en hiver sur le plateau continental, s’étendant de la Manche Ouest au Sud du Golfe de Gascogne (Laran et al. 2017). Mais surtout, « les estimations de mortalité fournies par les échouages indiquent une mortalité supérieure au seuil soutenable pour la population » (Laran et al. 2016). En 2017, suite à l’échouage de 800 dauphins en 1 mois et demi sur la côte atlantique, Hélène Peltier de l’Observatoire Pélagis s’exprimait ainsi la presse : « La situation est extrêmement préoccupante et nous tirons la sonnette d’alarme sur les perspectives de conservation du dauphin commun sur la façade atlantique, une espèce qui se reproduit lentement ». Au-delà de la viabilité de l’espèce, de tels niveaux de mortalité « accidentelle » posent une vraie question éthique.

Les solutions existent. Ne manque que la volonté du Ministère.

  • Moratoire sur la pêche au chalut sur les zones de frayère de bars entre janvier et mars. On parle principalement d’une trentaine de navires responsables qui agissent au détriment de l’écosystème marin, d’une majorité de pêcheurs et des générations futures.
  • Obligation pour les navires à fort taux de captures accidentelles de cétacés, d’être équipés d’outils de répulsion acoustique. L’IFREMER travaillant étroitement avec des entreprises de développement acoustiques a démontré que l’utilisation de pingers diminue considérablement les captures de cétacés.
  • Dans d’autres pays, des essais ont amenés les taux de captures accidentelles de delphinidés jusqu’à 0% en présence de pingers sur les engins de pêche (Source : Stephen M. Dawson et Al. 2013).

Les chercheurs de l’Observatoire Pelagis inquiets

En 2017, l’Observatoire Pelagis qui rassemble des programmes d’observation et d’expertise sur la conservation des populations de mammifères et d’oiseaux marins, expliquait que s’il semble encore difficile d’évaluer l’impact de cette mortalité accrue sur la population de dauphins qui évolue dans cette zone du globe, il est probable que "le taux de mortalité additionnel observé chaque année dans le golfe de Gascogne pourrait ne pas être soutenable à terme pour la population de dauphins communs".

La tribu éco-citoyenne a la parole !
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