Pénurie d’électricité en France cet hiver : la centrale à charbon de Saint-Avold, fermée ce 31 mars dernier car trop polluante, va reprendre du service

Pénurie d’électricité en France cet hiver : la centrale à charbon de Saint-Avold va reprendre du service © Zurbains.com/stock.adobe.com

Ironie de l’histoire, la France s’assoit sur sa propre COP26 se va donc relancer une centrale à charbon. Alors que les Français critiquent largement les Allemands avec leur dépendance au Gaz russe et leurs usines à charbon.

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Alors que la situation énergétique fait craindre des coupures de courant à l’hiver prochain, il a été décidé de relancer la centrale à charbon de Saint-Avold. Le ministère de la Transition énergétique le confirme, la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle) sera relancée l’hiver prochain "à titre conservatoire, compte tenu de la situation ukrainienne" et contraint par la faiblesse du réseau électrique. "Nous nous gardons la possibilité de pouvoir faire fonctionner la centrale de Saint-Avold quelques heures de plus si nous en avons besoin l’hiver prochain" peut-on lire dans le communiqué du ministère de la Transition énergétique.

 Centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle)

La centrale de Saint-Avold (Moselle) avait fermé le 31 mars dernier, parce que trop polluante. Lundi 27 juin pourtant, on y trouve des montagnes de charbon en attente d’utilisation. 200 tonnes ont déjà été livrées. La centrale s’apprête à rouvrir quelques mois pour sécuriser l’apport en énergie. Fermée il y a seulement trois mois, les installations sécurisées n’ont pas été démantelées. En deux mois, le site de Saint-Avold peut être opérationnel.

 Des contreparties environnementales

La moitié des 87 salariés est aujourd’hui à la retraite, il faut donc battre le rappel. À plein régime, la centrale à charbon peut alimenter en électricité 500.000 foyers du Grand Est. Un apport indispensable pour éviter cet hiver des coupures de courant. Le retour du charbon au premier plan doit s’accompagner de contreparties environnementales. L’exploitant peut, par exemple, s’engager sur des projets de reforestation.

 Une centaine d’employés à rappeler

Un décret sera mis en consultation pour organiser la reprise d’activité. Le ministère de la Transition énergétique évoque des "contreparties environnementales" car ce redémarrage doit être neutre pour l’environnement, l’exploitant s’engageant sur "des projets de reforestation par exemple", selon le ministère. Cette réouverture entre dans l’article 13 du futur projet de loi pouvoir d’achat. Le texte doit être présenté début juillet en conseil des ministres.

David George, l’un des cadres de l’entreprise, ajoute à France Inter : "On va devoir rattraper tout le retard depuis deux ou trois ans, car on se disait avant la fermeture qu’on n’allait pas tout réparer" sachant bien que la fermeture de la centrale était prévue pour le 1er avril 2022. "On nous demande au mois de juin d’être présent avant le prochain épisode, alors que ce sont des révisions qui se préparent 18 mois à l’avance" regrette cet ancien salarié.

 68 fois plus de CO2 qu’une centrale nucléaire

Les centrales à charbon sont très polluantes à cause des émissions de C02. Selon le GIEC , elles émettent 68 fois plus de CO2 que les centrales nucléaires pour produire de l’électricité. "Cela révèle un manque d’anticipation globale de la politique énergétique française" clame Zélie Victor, responsable "transition énergétique" au Réseau Action Climat.. "On a déjà dû faire appel un peu plus à du charbon cette année. On aurait du anticiper et activer d’autres leviers comme avec les énergies renouvelables et les rénovations de bâtiments." Aujourd’hui, une seule centrale fonctionne dans l’Hexagone, à Cordemais, en Loire-Atlantique.

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