4 février : journée mondiale contre le cancer

4 février : journée mondiale contre le cancer © stock.adobe.com
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Chaque 4 février, la Journée mondiale contre le cancer rappelle que la lutte contre la maladie ne se joue pas uniquement dans les laboratoires ou les blocs opératoires. Si les progrès médicaux ont permis d’améliorer nettement les taux de survie, le cancer demeure profondément lié aux inégalités sociales, territoriales et économiques.
En France comme ailleurs, l’accès au dépistage, à un diagnostic rapide et à des traitements innovants reste inégal. Les populations les plus précaires sont souvent plus exposées aux facteurs de risque — tabac, alimentation déséquilibrée, conditions de travail — et consultent plus tardivement. Résultat : des cancers détectés à un stade plus avancé, avec des chances de guérison réduites.
Cette journée mondiale met aussi en lumière un paradoxe : jusqu’à un cancer sur deux pourrait être évité grâce à la prévention et au dépistage précoce, alors même que ces leviers restent sous-utilisés. Faute d’information, de temps ou de confiance dans le système de santé, des millions de personnes passent encore à côté d’examens simples mais déterminants.
On estime qu’environ 40 % des cancers pourraient être évités grâce à la prévention et à la réduction des facteurs de risque connus. Il ne s’agit pas de garanties individuelles, mais de risques largement documentés au niveau scientifique et épidémiologique.
Le cancer du poumon est le plus emblématique. Dans l’immense majorité des cas, il est lié au tabagisme, actif ou passif. L’arrêt du tabac, même tardif, réduit fortement le risque. C’est aussi l’un des cancers les plus meurtriers, ce qui en fait un enjeu majeur de santé publique.
Les cancers des voies aérodigestives supérieures — bouche, gorge, larynx, œsophage — sont également largement évitables. Ils sont fortement associés à la consommation de tabac et d’alcool, dont les effets se renforcent mutuellement. Une baisse de ces consommations entraîne mécaniquement une diminution de l’incidence.
Le cancer du col de l’utérus est aujourd’hui considéré comme l’un des cancers les plus évitables. Il est causé dans la quasi-totalité des cas par le papillomavirus humain (HPV). La combinaison de la vaccination HPV et du dépistage régulier permettrait d’en faire un cancer rare, voire exceptionnel.
Une partie des cancers du foie pourrait être évitée en luttant contre les hépatites virales B et C, grâce à la vaccination, au dépistage et aux traitements, mais aussi en réduisant la consommation excessive d’alcool et certaines expositions toxiques.
Les cancers de la peau, notamment les mélanomes, sont en grande partie liés aux expositions excessives aux UV, naturels ou artificiels. Une protection solaire adaptée et la limitation des cabines de bronzage réduisent significativement le risque.
Certains cancers colorectaux peuvent être évités ou détectés très précocement grâce au dépistage, qui permet d’identifier et de retirer des lésions précancéreuses avant qu’elles n’évoluent. L’alimentation, l’activité physique et la lutte contre le surpoids jouent aussi un rôle important.
Enfin, plusieurs autres cancers — sein, pancréas, rein — sont partiellement influencés par des facteurs évitables comme la sédentarité, l’obésité, l’alcool ou certaines expositions professionnelles, même si leur prévention est plus complexe.
À travers campagnes de sensibilisation, témoignages de patients et initiatives locales, la Journée mondiale contre le cancer cherche à déplacer le débat. Il ne s’agit plus seulement de parler de traitements, mais de politique de santé publique, de justice sociale et de responsabilité collective. Car au-delà des chiffres, le cancer reste avant tout une épreuve humaine, qui révèle les forces — et les failles — de nos sociétés.
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