À force de penser que les hommes sont des cochons, ou des veaux comme aurait dit le "Général", l'idée de faire appel aux vétérinaires pour soigner les humains devenait inévitable...
Jean de la Fontaine était socialiste avant l'heure : les humains sont de drôles d'oiseaux, autrement dit, des animaux comme les autres, et à ce titre, ils doivent bénéficier des mêmes... soignants ?
En démocratie, le citoyen a les élus qu'il mérite. En tout cas, on ne peut que remercier la vice-présidente socialiste du Conseil régional de Bourgogne, également maire-adjointe à Dijon, en charge de la santé, de nous apporter un peu de fraîcheur en une fin d'année qu'on annonçait bien difficile. En suggérant que dans les situations d'urgence, on puisse faire appel aux vétérinaires, faute de médecins disponibles, madame Françoise Tenenbaum, veut pallier au phénomène des déserts médicaux...
On avait connu un président de compagnie aérienne low-cost, Ryanair, qui voulait remplacer les pilotes par des hôtesses, voici maintenant une proposition de remplacer des médecins généralistes par des vétérinaires. Décidément, le candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollance, a quelques soucis avec l'imagination et les propositions des élus de sa famille.
Évidemment, en suivant la logique (?) de madame Tenenbaum, on va résoudre la pénurie des professionnels de santé. Un carreleur peut être appelé à remplacer un dentiste, de même qu'un plombier pourrait se substituer à un gastro-entérologue, voire à un urologue... etc. On peut penser que faute de logements suffisants, la construction d'étables, plus simples et plus rapides à construire, serait une solution à cette crise du logement que seule la paresse intellectuelle nous empêchait de concevoir jusqu'ici.
L'élue bourguignonne soutient sa proposition en s'appuyant sur la pénurie grandissante des médecins et sur le fait, le numerus clausus venant d'être légèrement relevé, qu'il faut une dizaine d'années pour qu'un nouveau praticien soit formé et apte à exercer. Elle a calculé qu'il y a au moins un vétérinaire tous les 10 km, une densité bien supérieure à celle des médecins. Dommage qu'elle n'y ait pas ajouté les garagistes et les plombiers, ni les bouchers-charcutiers pour... les cas les plus graves.
Sachant que l'on compte environ 200 000 médecins, mais seulement 16 000 vétérinaires, statistiques que n'a pas dû consulter l'élue dijonnaise, sachant également que la formation d'un vétérinaire dure 7 ans, on imagine les problèmes que soulèverait la proposition de madame Tenenbaum si ses petits camarades la reprenaient à leur compte. On n'osera pas demander à la vice-présidente du Conseil régional de Bourgogne quel est son vétérinaire, pardon, son médecin traitant, elle pourrait nous aboyer dessus...
A.MICHO
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