 Venise qui souffre notamment de la pollution maritime, du niveau de l'eau, ainsi que de l'invasion de ses eaux par les algues, se met à l'énergie verte !
Une centrale "écolo", située au large de Venise, devrait convertir prochainement la biomasse de microalgues en énergie électrique.
Venise la romantique veut prendre le chemin du développement durable, et la perspective d'une centrale énergétique de biomasse se précise... Prévu au départ pour fonctionner à l'énergie solaire à partir de panneaux photovoltaïques, le port de Venise s'oriente finalement vers la production d'électricité à partir de biomasse.
Le projet, porté par le groupe espagnol Solena Group, fonctionne en 2 temps : - Tout d'abord, la production d'algues assurant la biomasse, est réalisée selon le procédé de BioFuel System (société espagnole), - Puis, pour en tirer de l'électricité, la technologie Solena Group assure la gazéification de la biomasse avec des turbines General Electric.
Ce procédé est déjà en court d'expérimentation à Madère pour le Portugal, et à Alicante pour l'Espagne, mais Venise serait le premier projet mondial d'envergure, selon le vice-président de Solena Group (Yves Bannel).
Cette usine devrait être en mesure de produire 40 à 60 mégawatts par an, soit entre 50% et 75% des besoins du centre historique de la ville qui nécessitent 80 à 100 mégawatts par an.
Le président du port de Venise, Paolo Costa, y voit une fantastique opportunité écologique, évitant surtout tout risque de pollution... Puisque la matière première nécessaire, environ 100 000 tonnes de microalgues, est générée grâce au soleil et au CO2 !
Pourquoi ce précédé original est-il sécurisant ? Afin d'éviter tout risque de contamination du milieu, lié à un accident dans le processus de fabrication, les microalgues choisies sont des diatomées, déjà présente en Adriatique. Celles-ci sont élevées en laboratoire, puis transférées dans des cylindres de plastique, dans lesquels la photosynthèse s'opère grâce au soleil et l'injection d'anhydride carbonique et d'eau.
La biomasse récupérée est alors centrifugée et séchée, selon la technologie de Solena, pour aboutir à un mélange d'hydrogène et de monoxyde de carbone, qui servira de carburant aux turbines spéciales de General Electric. Et comme la centrale est écologique, même le dioxyde de carbone (CO2) qui est rejeté par la turbine, est directement réutilisé pour l'élevage des microalgues.
Quant aux résidus de silice, ils sont digérés par l'industrie et le bâtiment qui les recyclent pour leurs usages.
D'un point de vu économique, le développement durable devient rentable, et présente même une formidable opportunité de création d'emplois! Pour preuve, même si l'usine verte Vénitienne ne devrait être opérationnelle qu'en 2010, elle est déjà à l'origine de la naissance d'une nouvelle société entre le port de Venise et eNalg (concessionnaire de la technologie Solena pour l'Italie), et devrait créer 46 emplois.
Et pour les détracteurs des technologies vertes, en raison de leur prétendu prix élevé, rappelons que la centrale biomasse de Venise coutera 200 millions d'euros: ce qui au vue de sa production d'électricité et le nombre d'employer, devrait la rendre rentable !... En plus de redynamiser un emplacement de 10 hectares en mal de reconversion (Porto Marghera).
Le projet suscite beaucoup d'enthousiasme, et fait déjà des émules sur les côtes voisines...
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E.CENISTIA
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