 On pensait que tous les tests avaient déjà été expérimentés en terme de recrutement, jusqu'aux plus absurdes... c'était sans compter sur l'inventivité d'un cabinet britannique !
Réaliser des tests sur la force mentale des candidats avant de les choisir ! Bientôt des épreuves physiques pour trouver un emploi ?
Un cabinet s'apprête à commercialiser en France, sous licence britannique, un test qui mesurerait "la force mentale" des salariés. Il s'agit selon le cabinet de vérifier, au moment de l'embauche, ou à l'occasion d'une promotion interne, si le candidat pressenti sera apte à affronter les situations de crise. A l'heure où l'on parle des risques psychosociaux et des salariés (cadres dirigeants compris) qui craquent jusqu'au suicide, l'apparition de ce test est curieuse... voire malsaine.
Le fondement théorique de la démarche veut avoir les apparences du sérieux, il est signé Peter Clough, de l'université de Hull. Mis au point pour les athlètes de haut niveau, le test a été ensuite adapté au monde de l'entreprise. "Le contexte actuel de très forte exigence en milieu professionnel et sur le marché de l'emploi montre que tous les individus ne sont pas égaux face aux contraintes", souligne un consultant senior du cabinet. On s'en doutait.
Le test mesure 4 items - les quatre C - via un questionnaire approfondi : - Challenge, ou capacité à considérer les défis soit comme des dangers, soit comme des opportunités. - Contrôle, ou aptitude à exercer de l'influence ou, à l'inverse, à attendre que les choses arrivent. - Commitment ou engagement, c'est-à-dire la capacité à concentrer son esprit sur des objectifs clairs et mesurables. - Et, enfin, confiance, déterminante pour anticiper et vaincre les difficultés.
La grille ne se résume pas à un simpliste verdict, apte ou inapte. "Des points forts apparaissent, et certaines faiblesses peuvent être compensées par des formations ciblées, ou du coaching. En outre, ce test, qui ne tient aucun compte des compétences professionnelles, doit être utilisé en complément d'autres évaluations", précise-t-on chez Merlane, nom du fameux cabinet.
Le cabinet insiste, sans rire, sur la dimension éthique : "Les résultats du test appartiennent au salarié. Ils ne peuvent être communiqués à l'employeur ou au recruteur sans son autorisation expresse." Le test serait d'usage courant outre-Manche.
En France, l'Apec (Association pour l'Emploi des Cadres), démarchée, l'aurait jugé "intéressant". Des DRH de grandes entreprises, approchés par le cabinet, font la moue, pas sûrs que leurs CHSCT et comités d'entreprise approuveraient.
Un philosophe ne disait-il pas que "la maladie est une saine réaction à un mauvais environnement" ?
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M.Rigano
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