 Depuis le 11 janvier, le groupe Total est en mesure de stocker du dioxyde de carbone (CO2) dans le sous-sol terrestre, et ce, notamment sur le site de Lacq.
Malgré les L'investissement 60 millions d'euros d'investissement technologique, les défenseurs de l'environnement et viticulteurs ne manquent pas de critiques...
Le stockage de CO2 est désormais une réalité pour le groupe Total qui réinjecte du gaz à effet de serre dans le sous-sol inexploité du site gazier de Lacq. Le gaz, qui a été concentré puis injecté à près de 4500 mètres de profondeur pour une période de 2 ans, est issu des chaudières industrielles du site. L'opération permettrait d'éviter le rejet de 12000 tonnes de CO2 pendant 2 ans...
Le principe consiste à remplacer l'air de la chaudière par de l'oxygène, pour concentrer la teneur en CO2 de la fumée émise. Acheminé par 27 km de pipeline jusqu'au site de Rousse, le gaz y est alors enfui sous terre.
Les écologistes et défenseurs de l'environnement grognent Si le principe semble intéressant sur le papier, il y a encore de nombreuses inconnues... quel sera le devenir du CO2 injecté dans le sous-sol ? Quel sera son impact à long terme sur les couches sédimentaires ou leurs perméabilités ? Les possibles gonflements du sol ? Et que dire des responsabilités engagées en cas d'accidents ?
Autant de raison qui ont poussé France nature environnement, les Amis de la Terre et le Réseau action climat a envoyer une lettre ouverte au ministre de l'Écologie. Tandis que les viticulteurs du Jurançon craignent pour l'image de leur produit.
Si en terme d'image, le stockage de CO2 peut paraitre une belle opération, elle le sera dans les faits que si toutes les précautions sont prises avec un engagement dans la durée. Face à cette levée de boucliers, en plus du défi technologique, le projet de Total sur le site de Lacq avait déjà pris 1 an de retard. À ce jour, la France ne dispose pas de loi sur la réglementation du captage de CO2, du fait notamment du retard pris pour l'adoption du projet de loi Grenelle de l'environnement... L'article 38 du projet de loi doit encore être réécrit, afin de permettre l'utilisation d'un même pipeline de CO2 par plusieurs industrielles, et surtout préciser les responsabilités de chacun.
En attendant, le groupe Total s'est vu contraint par l'État de disposer d'un fond de 7 millions d'euros pour couvrir les risques. À cela, la directive prévoit que les industriels assument leurs responsables sur les risques durant 20 ans, tandis que le gouvernement propose de la porter à 30 ans.
De nouveaux projets du même type devraient très prochainement être annoncés dans l'Hexagone, et la France pourrait bien devenir un lieu de stockage européen... Après avoir rejeté nos propres déchets radioactifs dans la nature, que ce soit en France ou à l'étranger, nous pourrions désormais stocker une pollution peut-être moins nocive ?
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E.CINESTIA
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