 Serment d'Hippocrate oublié ! Mieux vaut ne pas être pauvre pour être soigné, ou même simplement pour être reçu dans un cabinet médical.
La médecine à plusieurs vitesses est une réalité ancienne, mais dans le contexte actuel, le législateur ne doit-il pas intervenir pour assurer le droit à la santé pour tous ? À quoi bon la CMU (couverture maladie universelle) ?
L'Union nationale des associations familiales et la Fédération nationale des accidentés du travail et handicapés ont dévoilé le 25 mai un nouveau "testing" auprès des médecins. Et ce, alors que l'examen de la loi Bachelot se poursuivait au Sénat. Au vu de l'enquête, ses auteurs demandent aux sénateurs de réintroduire la possibilité - supprimée en commission - de sanctionner un médecin lorsqu'un tel "testing" prouve qu'il refuse de recevoir certains patients, selon leur origine sociale notamment. Une mesure inutilement vexatoire, pour bien des médecins. Il en va du "principe constitutionnel d'égal accès aux soins", rétorquent les associations.
L'expérience a consisté à demander par téléphone un rendez-vous auprès de 466 spécialistes de secteur 2 (honoraires libres), en précisant bénéficier de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) : - En contradiction avec la déontologie et la loi, 22% des médecins ont refusé de recevoir le demandeur, proposé un rendez-vous plus tard que pour un autre malade, refusé de pratiquer le tiers-payant ou demandé un dépassement d'honoraires (interdit en cas de CMU). Le taux de refus, nul chez les pneumologues, atteint 41% chez les psychiatres. - 5% des médecins contactés ont été plus ambigus, proposant un rendez-vous lors d'un "jour réservé CMU" ou renvoyant vers les consultations qu'ils assurent à l'hôpital. 73% ont accordé un rendez-vous sans difficulté.
Pour certains, "les refus de soins sont liés à l'impossibilité de pratiquer des dépassements, plus que par une quelconque idéologie". Mais les médecins de secteur 1 (tarif Sécu, dont la quasi-totalité des généralistes) n'ont pas été "testés". Cela ne permet donc pas d'étayer cette affirmation, que conteste Michel Chassang.
Pour le président de la CSMF, principal syndicat de médecins libéraux, "si quelqu'un fait état de sa condition sociale pour obtenir un rendez-vous, le médecin se dit surtout qu'il est tombé sur un casse-pieds". On reste ébahi devant cette réflexion, qui assimile pauvreté et "ennuis". Autrement dit, restons entre gens du même monde...
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M.Rigano
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