SNCF, EDF Fonction Publique : les départs en retraite de plus en plus retardés

Même si l’écart avec le privé reste toujours important, l’âge de départ à la retraite a augmenté à la SNCF, EDF et plus généralement dans la Fonction Publique. C’est le constat contenu dans les rapports publiés par le COR, obtenus et diffusés par le quotidien Les Echos.

jeudi 19 mai 2016, par
(retraite|textebrut)

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a fait le point sur l’évolution des âges de départ dans la fonction publique et les principaux régimes spéciaux (SNCF et RATP, CNIEG pour les industries électriques et gazières, etc.), selon les documents auxquels a pu accéder le quotidien Les Echos.

Les âges de départ ont ainsi « significativement reculé », selon la synthèse du COR, « le recul de l’âge de départ entre 2000 et 2015 étant généralement plus important dans les régimes spéciaux que dans l’ensemble de tous les régimes ». Le Conseil utilise pour ces travaux un nouvel indicateur, « l’âge conjoncturel de départ à la retraite », qui permet de s’abstraire des variations de taille de chaque génération et des pics de départs occasionnés à court terme.

Entre 2004 et 2012, l’âge conjoncturel a peu augmenté au sein du régime général du privé, passant de 61 ans et demi à un peu moins de 62 ans, en raison notamment des départs anticipés (loi Fillon). La hausse ne commence qu’après la réforme de 2010 qui repousse de deux ans les bornes de l’âge légal. On ne dispose pas de données récentes quant à l’âge conjoncturel, mais selon l’Assurance-vieillesse, l’âge moyen de départ à la retraite en 2015 a atteint 62,4 ans.

Pour les agents de la fonction publique civile, auparavant avantagés, la loi de 2003 a provoqué l’alignement progressif sur le régime général de leur durée de cotisation et la mise en place de décotes et surcotes. En 2010, ils ont perdu leur dispositif de départ anticipé après 15 ans de service à partir de trois enfants. Résultat : entre 2005 et 2015, l’âge conjoncturel est passé de 59 ans à presque 61 ans pour les agents de l’Etat, soit 1 an et 5 mois de plus pour les fonctionnaires dits « sédentaires », et 2 ans et 5 mois de plus pour les « catégories actives » (policiers, infirmières...) qui peuvent partir cinq ans plus tôt. Côté hôpitaux et collectivités territoriales, la hausse a été d’un an et deux mois en cinq ans, à 60,6 ans en 2015.

Les efforts ont été marqués à la CNIEG, où l’âge conjoncturel du départ est passé de 55 ans en 2000 à presque 58 ans en 2015, notamment grâce à la fin des départs dérogatoires liés aux accords de branche. A la SNCF, l’âge constaté de départ est passé de 54 ans et demi en 2003 à près de 57 ans en 2015 - avec la fin dès 2008 des mises à la retraite d’office. Si un net décalage persiste avec le régime général, c’est parce que de nombreux agents des régimes spéciaux continuent et continueront de bénéficier de départs anticipés à 57 ans (les catégories dites actives sont majoritaires dans les IEG), et même 52 ans pour les conducteurs de la SNCF, dont l’âge constaté de départ est passé de 50,5 ans en 2008 à 53 ans aujourd’hui.

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