Qui décide du grand emprunt et de son affectation ?

Le Medef veut prendre la main sur l’affectation du grand emprunt !

Si grand emprunt il y a, est-ce bien au Medef d’intervenir ? N’est-ce pas au parlement de débattre de ses applications ?Le Medef se positionne d’ores et déjà

mardi 13 octobre 2009, par
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Si grand emprunt il y a, est-ce bien au Medef d’intervenir ? N’est-ce pas au parlement de débattre de ses applications ?

Le Medef se positionne d’ores et déjà sur l’affectation et la gestion d’un emprunt : est-ce bien son rôle ?

Le Medef a finalisé les propositions qu’il soumettra à la commission Juppé-Rocard chargée de définir les priorités d’investissements du grand emprunt national. Le Medef recommande de rendre cet emprunt vertueux en renforçant en parallèle la maîtrise des dépenses publiques, de concentrer les investissements sur un nombre restreint de programmes transversaux, et, bien entendu, d’investir sur des projets présentant un retour sur investissement élevé pour le pays.

Ses responsables jugent qu’une fourchette de 15 à 30 milliards d’euros, bien employés, pourrait suffire à stimuler la compétitivité de l’économie française. Le Medef propose que les décisions soient prises en étroite concertation avec le monde des entreprises et en laissant le marché jouer son rôle. Ce n’est qu’en relayant l’investissement privé que l’investissement public générera un effet de levier maximal.

Dans la mesure où l’investissement public né du grand emprunt devra se substituer en partie à l’investissement privé, le Medef estime que les projets devront porter sur un horizon plus large que celui de l’entreprise, plutôt traditionnellement fixé à 7-10 ans. Pour autant, le Medef ne souhaite pas que les investissements soient programmés sur plus de 20 ans au motif qu’un délai aussi large rend très aléatoire un calcul de retour sur investissement.

Plutôt que de confier la réalisation des programmes d’investissement à des ministères, le Medef recommande de confier les fonds à des agences employant des salariés issus du privé et du public. Il s’inspire de l’exemple de l’Economic Development Board de Singapour, l’agence chargée de planifier la croissance de la cité-Etat asiatique. S’il ne doit y avoir qu’une seule mesure à prendre avec l’argent du grand emprunt, ce doit être celle-ci, insiste le Medef. L’organisation juge notamment indispensable la mise en place de fonds de garantie pour les petites entreprises, qui pourraient recevoir jusqu’à un milliard d’euros par an pendant dix ans.

Le montant et les critères d’affectation du grand emprunt doivent être définis en cohérence avec la réalité financière des comptes publics, insiste l’organisation patronale.

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