Nègre ou stagiaire de Mme Boutin ?

Un abus à pas cher...

Les stagiaires avaient créé le mouvement génération précaire. Il faut dire, hélas, que cette précarité est soigneusement entretenue par ceux-là mêmes qui

mercredi 18 août 2010, par
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Les stagiaires avaient créé le mouvement génération précaire. Il faut dire, hélas, que cette précarité est soigneusement entretenue par ceux-là mêmes qui devraient la combattre.

L’indécence des puissants atteint parfois l’inconcevable : n’est-ce pas madame Boutin...

On se souvient de la polémique et de l’indignation provoquées par le cumul des rémunérations de Christine Boutin, ex-ministre, qui ajoutait 9 500 euros mensuels à ses indemnités de conseillère générale des Yvelines et sa retraite de parlementaire pour un total de 18 000 euros... Elle avait dû renoncer à cette manne pour une mission sur les conséquences sociales de la mondialisation sous la pression de l’opinion publique.

Cette fameuse (fumeuse) mission se poursuit, mais à un coût bien différent : c’est finalement à un jeune stagiaire de Science-Po que Christine Boutin a confié le soin de rédiger un rapport sur les conséquences sociales de la mondialisation pour... 400 euros par mois !

À ce prix-là, elle pourrait lui en demander plusieurs, d’autant que la prestigieuse Science-Po ne semble pas offusquée du tarif, le considérant comme le minimum légal, et donc normal. Bien entendu Christine Boutin ne comprend pas non plus que l’on puisse s’indigner qu’un stagiaire soit rémunéré 400 euros alors qu’elle-même devait l’être à... 9 500 euros, et que la plupart de ses collaborateurs émargent mensuellement entre 4 740 et 6 000 euros.

Rappelons que la tâche consiste à faire des recherches liées aux thématiques abordées ; être aux auditions afin d’en faire des synthèses ; co-rédiger les documents de pré-rapport et participer à l’actualisation du site internet et la mise en oeuvre de toute action de communication... une broutille sans doute.

Christine Boutine a de la suite dans les idées puisqu’elle a déjà soumis une idée pour la présidence française du G20 : envoyer en mission 100 jeunes pour faire un état des lieux des pratiques sociales dans le monde ! On se demande à quoi servent les responsables politiques et les armées d’experts internationaux, souvent grassement rémunérés, si au final leur travail peut être fait par de jeunes stagiaires payés à minima.

On suggère à madame Boutin de réduire ses ambitions planétaires à l’étude du statut des stagiaires en France, en 2010... Ce serait déjà un sacré boulot, et il y a vraiment urgence.

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