Le rapport annuel d’Amnesty International met en lumière les impacts directs et indirects de la crise économique sur les droits de l’homme dans le monde entier.
Sur les 20 pays les plus riches, 14 sont accusés d’avoir pratiqué la torture !
Amnesty International vient de présenter son rapport annuel centré, cette année, sur les effets de la crise économique. Une manière de rappeler que son combat concerne aussi le respect des droits économiques, sociaux et culturels.
Pour son porte-parole, Francis Perrin, la crise mondiale a commencé dès le dernier trimestre 2007 et a été marquée d’abord, par une crise alimentaire et énergétique. Il rappelle que la Banque mondiale estime que la crise actuelle pourrait précipiter dans la pauvreté 53 millions de personnes. Cette crise exacerbe les tensions sociales et ethniques. On l’a vu, par exemple, en Afrique du Sud où des émeutes contre des réfugiés zimbabwéens ont fait 60 morts et 600 blessés. On l’a encore constaté dans les émeutes de la faim qui ont fait une centaine de morts au Cameroun.
Amnesty International estime qu’il ne suffit pas de se contenter de traiter économiquement la crise en renflouant les banques en difficulté ou en multipliant les plans de relance. Il y a un risque que la santé et l’éducation fassent les frais de cette politique, que l’on laisse tomber les objectifs du millénaire pour le développement, fixés par les pays de l’ONU. La santé et l’éducation sont des droits sociaux et culturels. Ils font partie des droits humains pour lesquels nous nous battons, souligne Francis Perrin. Fin mai, Amnesty International relevait la montée en puissance avec la crise, de l’enceinte du G20 qui regroupe les principaux pays industrialisés et émergents. Or, dans 14 des 20 pays du G20, nous avons relevé des actes de torture l’année dernière. L’organisation souligne que la Chine détient le record des exécutions capitales et des condamnations à mort. Aux Etats-Unis, elle salue la fermeture du centre de détention de Guantanamo, l’arrêt des traitements dégradants et des détentions secrètes de longue durée par la CIA.
Lancée à l’automne, la prochaine action d’Amnesty se concentrera sur les personnes en situation de pauvreté. Le mot d’ordre de cette campagne, de très grande ampleur et pour plusieurs années sera : Exigeons la dignité. Elle s’intéressera à l’impact des entreprises sur les Etats fragiles. Le mois prochain, nous allons publier un rapport sur l’exploitation des ressources pétrolières, au Nigeria, par les compagnies Shell, Total, Chevron et Eni. Ces compagnies ont un impact négatif sur l’environnement et sur le conflit actuel dans le delta du Niger. Bien sûr, elles mettent en œuvre localement des politiques sociales et d’éducation, mais en dehors de tout cadre étatique, souligne Antonio Manganella chez Amnesty . La mondialisation empêche ainsi les Etats fragiles de protéger leurs citoyens.
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