La France est une terre d’accueil privilégiée pour les avoirs des dictateurs africains. Et gare à celui qui veut y voir un peu plus clair.
Biens mal acquis profitent longtemps. Les peuples africains peuvent mourir tranquilles, tout va bien pour leurs dirigeants.
La corruption et son insupportable vitrine de luxueuses villas et de prestigieuses berlines et autres coupés de sport, sont pour bonne partie à l’origine de la chute de dictateurs des pays arabes... mais cela ne sert en rien pour faire avancer la lutte contre la corruption dans un grand nombre de pays africains, dans lesquels la France conserve de nombreux intérêts, plus ou moins directement liés à son passé de puissance coloniale. C’est du moins ce que laisse à penser le refus du parquet de Paris d’accepter la demande de réquisitoire supplétif dans l’enquête contre des actes de recels et de détournements de fonds publics, dont sont soupçonnés des membres des familles dirigeantes du Gabon, du Congo et de la Guinée équatoriale.
Pourtant des notes officielles issues de services dépendant du ministère des Finances dénoncent des faits accablants. C’est l’acquisition d’une Bentley de 200 000 € ou encore d’une Porsche de 137 000 € par des fils et des neveux de dirigeants africains qui alertent les services douaniers français, tout comme le transport aérien de 26 voitures de luxe appartenant au ministre de l’Agriculture de la Guinée équatoriale, par ailleurs fils du président... Le même triste sire a dépensé 18 millions € lors de la vente aux enchères de la collection Saint Laurent et Bergé. Un vrai collectionneur et mateur d’art.
On a du mal à comprendre les entraves que subit, depuis l’origine, la procédure entamée par Sherpa et Transparency International France qui s’inscrit dans la lutte contre la corruption inscrite dans des textes ratifiés par la France. L’explication tient dans la richesse des matières premières du sous-sol africain et de la lutte des grandes puissances, officiellement ex-coloniales, pour en assurer le contrôle.
L’écrivain congolais, Etanias Ngodi, a publié plusieurs ouvrages depuis 2006 sur les ravages causés à l’Afrique centrale par la convoitise des pays occidentaux qui n’hésitent pas à passer des accords avec des chefs de guerre, à la tête de milices que les exactions n’embarrassent pas, pour s’approprier pétrole, diamants, uranium et minerais plus ou moins rares.
Plusieurs auteurs africains dénoncent la compétition entre la France et les Etats-Unis sur une grande partie de l’Afrique centrale.
Le prix à payer pour les populations locales est fait de violences, de pauvreté et d’insécurité permanente. Une histoire terrible qui commence avec les grands trafics humains, la traite négrière, au XVe siècle. Notre pays, ou du moins son système judiciaire, s’honorerait à lutter contre la corruption et le détournement des fonds publics, y compris les aides internationales, qui prospèrent dans cette région d’Afrique, entre autres. Mais la Cour Européenne des Droits de l’Homme, en déclarant que l’autorité judiciaire française ne pouvait pas être considérée comme indépendante du pouvoir exécutif, a mis le doigt sur la difficulté de notre pays à gérer les affaires poltico-économiques délicates. Un euphémisme...







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