Comme un boomerang qui retombe sur des apprentis sorciers, le faux débat sur la laïcité se transforme en vrai marasme.
Loin de toute manoeuvre politicienne, le rappel de ce qu’est la laïcité ferait du bien à beaucoup de perroquets et... d’ânes.
Le pire n’est jamais sûr, mais il est vrai que nos petits personnages politiques du moment en donnent une bonne idée. En proposant la création d’une formation et d’un diplôme sur la laïcité, la ministre de l’Enseignement supérieur (!), Valérie Pécresse, a montré par l’absurde combien les conditions d’un débat sur la laïcité n’étaient pas réunies dans un pays où l’extrême droite s’est accaparé une référence qui n’a jamais été la sienne.
Il faut dire que quand cette laïcité est défendue par les représentants de 6 grandes religions, il y a un peu de quoi y perdre son latin, entre autres...
Ce sont donc les porte-paroles des catholiques (Mgr André Vingt-Trois), des protestants (pasteur Claude Baty), des orthodoxes (Métropolite Emmanuel), des musulmans (président du CFCM, Mohammed Moussaoui), des juifs (Grand Rabbin Gilles Bernheim), et des bouddhistes (révérend Olivier Wang-Genh) qui ont souligné publiquement que la laïcité est un des piliers de notre pacte républicain, un des supports de notre démocratie, un des fondements de notre vouloir-vivre ensemble.
Mais n’était-ce pas à nos élus républicains de tenir en priorité un tel discours ? On a un peu honte de voir comment est traitée ce qui est tout simplement la garantie absolue de la liberté de conscience, si rare hélas dans le monde.
La véritable question sur la laïcité est celle posée par les atteintes qui lui sont portées régulièrement, à commencer par un président de la République, dont rarement un comportement aura été aussi peu respectueux de la laïcité. Mais chaque jour, dans les services publics, notamment de la Santé et de l’Education nationale, le non-respect des principes laïques pose d’énormes problèmes de fonctionnement aux personnels. Les agressions physiques ne sont pas rares. Le plus consternant est sans doute que tous les partis politiques sont en recul sur l’application concrète de la laïcité, cédant par démagogie à des pressions communautaristes et religieuses.
Est-on une élue laïque quand on réserve des horaires dans les piscines municipales pour des femmes se réclamant d’un culte ? Il est grand temps de relire Aristide Briand...







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