Crise financière 2, le retour. Elle revient 8 ans plus tard, encore plus forte et plus injuste...

Dans votre vie, dans les toutes prochaines semaines...

Priez pour que la remontée des taux d’intérêts se fasse lentement ! +525% de hausse du taux des obligations souveraines françaises en 30 jours, vous appelez cela tout en douceur ? Les assureurs et, dans une moindre mesure, les banquiers, ont les yeux rivés sur les courbes des taux d’intérêts. Une remontée rapide des taux d’intérêts signerait une nouvelle crise financière bien plus importante que celle des subprimes.

samedi 19 novembre 2016, par
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(finance|textebrut)

Le petit monde de la finance est en émoi. Les taux d’intérêts grimpent plus que de raison, une nouvelle crise ne serait-elle pas en train d’arriver ?

Scénario catastrophe, l’enchaînement des étapes

Acte 1. Crise obligataire. Les taux remontent fortement, les cours des obligations chutent. Rien de dramatique à ce point, cela fait monter le marché des actions, une arrivée de liquidités... Mais la valeur des actifs boursiers n’augmente pas pour autant, seuls leurs prix grimpent. La chute n’en sera donc que plus forte. Les taux sont élevés, l’inflation fait son grand retour. Les rendements des fonds en euros deviennent négatifs, inflation déduite.

Acte 2, remontée des taux de l’épargne avec l’inflation. Les épargnants quittent leurs fonds euros moribonds dont le rendement net d’inflation est devenu négatif au profit de l’épargne liquide sans risque, avec des taux plus avantageux. Les assureurs sont en panique, plus de liquidités pour mettre en face des rachats des contrats des épargnants. Tenus de prendre des pertes sur leurs portefeuilles obligataires. La bourse chute. Les unités de compte sur-vendues aux épargnants en arguant de potentielles plus-values s’avèrent être le pire des placements.

Acte 3, Le gouvernement décide alors d’activer le blocage des contrats d’assurance-vie pour tenter de sauver les assureurs de la faillite pour manque de trésorerie. Les taux des crédits immobiliser s’envolent. Les places financières s’effondrent. Le marché immobilier est totalement bloqué, les prix chutent. Les cours des SCPI s’effondrent. Les investisseurs tentent de vendre leurs parts, mais personne n’en veut. Ils restent collés avec de la pierre papier qui perd un peu plus de valeur tous les jours. Les investissements en Pinel sont des ruines financières, le prix d’achat sur-évalué de 30% ne sera jamais atteint de nouveau.

Vous en voulez encore plus ? Calmons-nous tout ceci n’est que fiction. Mais la remontée des taux est elle bien là.

Une politique ubuesque de taux négatifs des banques centrales

Cela n’a pas de sens ! Des taux négatifs, une totale hérésie financière ! Et pourtant, les banques centrales semblent aimer jouer avec le feu. En appliquant de telles mesures pour forcer les banques à prêter davantage, les banques centrales ont créé de toute pièce une bulle obligataire qui devra éclater un jour ou l’autre.

Hausse des taux = chute des cours des obligations

Les assureurs sont gavés d’obligations d’Etat, tenus qu’ils sont de présenter des portefeuilles de qualité, afin de limiter leurs risques. Le piège des obligations d’Etat de la Grèce s’était déjà refermé sur nombre d’assureurs, mais avec des impacts limités. En cas de remontée forte des taux d’intérêts, le cours des obligations va s’effondrer. La valorisation des portefeuilles obligataires va fondre comme neige au soleil, et des pertes abyssales vont s’afficher, en moins-values potentielles. Latentes seulement, en effet.

Si les épargnants demandent le retrait de leurs fonds euros, la crise financière sera majeure

Il faudra alors un mouvement de panique des épargnants, demandant le retrait de leurs avoirs, pour que tout le château de carte s’effondre. Et nous en sommes plus très loin...

La crainte est bien fondée, le gouvernement a dans l’urgence mis en place une mesure de protection sur l’assurance-vie, histoire de cacher la misère de cette ingénierie financière, basée sur les obligations comme seules instrument de couverture du capital. Cet article 21 bis de la loi dite Sapin II, n’est, selon les experts, pas inquiétante. Il faudrait ne pas s’en soucier. Etrange.

Les obligations d’Etat sont des placements à risques, tout autant que le sont les actions. Seule l’atteinte de la maturité de l’obligation permet de s’affranchir du risque de marché. Un point crucial que tous les apprentis traders apprennent dès le premier jour. Sur les 1.600 milliards d’euros placés en assurance-vie, 1.280 milliards reposent sur des portefeuilles dont la couverture financière du capital repose sur des obligations d’Etat. Or la crise obligataire couve...

Forte remontée des taux d’intérêts, le scénario catastrophe est-il déjà en place ?

+525% de hausse du taux des emprunts d'Etat français en 30 jours de cotation, pas une forte hausse en vue ? Les taux vont remonter doucement... Ayez confiance. Les oracles en matière de finances sont légions. Chacun y va de son pronostic, mais personne n’en sait rien. Et pour cause. Nous sommes dans un scénario inédit, et rien ne se passe de façon rationnelle. La forte remontée du dollar US coïncide avec celle des taux d’intérêts, le cours du pétrole ne monte pas. Bref, l’élection de Donald Trump aurait bousculé une fois de plus toutes les prévisions des pseudos gourous de la finance. Ces mêmes qui tentent de nous rassurer en nous disant que les taux ne vont pas grimper fortement... Ces mêmes qui pensaient que jamais une grande banque d’affaires ne pourrait faire faillite, le fameux adage : too big to fail. Allez, arrêter de rêver, réveillez-vous, tout peut arriver en matière de finance.

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