La même opération a eu lieu il y a un mois auprès d'une soixantaine de riverains du Rhône, où la consommation des poissons est interdite depuis août 2007 en raison de taux anormalement élevés de PCB dans la chair des poissons.
Des pêcheurs professionnels de la Seine et de la Somme se soumettront également à ces analyses. Deux jours après la découverte d'une contamination anormale aux pyralènes (PCB) de l'omble chevalier, un poisson évoluant au fond des grands lacs des Alpes, l'opération d'une des principales associations écologistes vise à déterminer le degré de « contamination de la population française ». Une cartographie de la pollution aux PCB des fleuves et rivières français a en effet montré que d'autres bassins que le Rhône présentaient des taux de contamination supérieurs à la normale, notamment en Seine Normandie et en Artois-Picardie. Le ministère de l'Ecologie évoque une « pollution historique » due, en grande partie, aux rejets passés de l'industrie. Utilisés depuis les années 1930 comme isolants dans les transformateurs électriques ou comme lubrifiants, les PCB ont été interdits à la vente en France depuis 1997. Ils peuvent entraîner chez l'homme, s'ils sont ingérés régulièrement sur une longue durée, des cancers, des problèmes de fertilité et de croissance. Du fait de leur persistance (leur durée de vie peut dépasser 2 500 ans) et de leur faible solubilité dans l'eau, les PCB se sont progressivement accumulés dans les sédiments des fleuves puis concentrés dans la graisse des poissons. Ce qui explique les interdictions successives de consommation de poissons dans les fleuves et lacs français. Le ministère de la Santé lancera en octobre, auprès de 900 personnes, une étude d'imprégnation sur l'homme aux PCB pour déterminer le niveau de contamination des Français, et notamment des consommateurs de poissons de rivières. |