Sauvons les Fruits et Légumes de France !

La culture bio en difficulté face à des nouvelles maladies

Le Collectif Sauvons les Fruits et légumes de France tire la sonnette d’alarme. L’apparition de nouvelles maladies provoque une distorsion de la concurrence, les cultures bio ne restant sans protection pour le moment...

vendredi 29 juin 2012, par
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( Bio|textebrut)

Kiwis, le pseudomonas remt en cause la culture Bio Les producteurs conventionnels et biologiques sont confrontés à de nombreuses impasses techniques pour protéger leur culture face aux attaques de maladies et de ravageurs. Des impasses qui se multiplient en raison des maladies émergentes apparues récemment du fait de la mondialisation des échanges. Celles-ci mettent en péril certaines productions comme par exemple pseudomonas sur kiwi, drosophila suzukii sur fruits rouges (y compris fraises). Ces risques émergents ne se limitent pas au seul secteur des fruits et légumes à l’image du frelon asiatique ou encore du charançon rouge du palmier...

Par ailleurs, les aléas climatiques comme ceux de 2012 (pluies à répétitions, humidité,...) favorisent le développement des parasites et des ravageurs. Ce qui provoque des dégâts importants en cas de défaut de protection.

« Nous sommes très inquiets face à cette situation car des cultures entières sont menacées par le manque de solutions techniques (agronomiques et phytosanitaires). Nous tenons à alerter les pouvoirs publics sur cette situation d’autant plus que nous sommes précurseurs dans la réduction des produits phytosanitaires. Depuis de très nombreuses années, nous nous sommes engagés dans cette voie » commente Bernard Géry, producteur de mâche. Les producteurs ont développé par exemple la protection biologique (utilisation d’auxiliaires) dans les serres maraîchères depuis plus de 20 ans, ou la Protection Fruitière Intégrée (PFI) appelée écoresponsable depuis plus de 10 ans en pommiers.

L’Organisation Économique a engagé ses producteurs vers les méthodes « alternatives » (interventions mécaniques, préventives, agronomiques, biologiques) qui sont employées quand elles sont accessibles et efficaces : auxiliaires naturels du puceron de l’artichaut, matériel de binage évolué... Chaque fois que de telles méthodes existent et sont efficaces, elles sont mises en place. Mais face à la pression des maladies et des ravageurs, elles ne peuvent assurer à elles seules la totalité de la protection phytosanitaire. Elles ont leur utilité en tant que méthodes « complémentaires ».

Distorsions de concurrence

Les filières conventionnelles et biologiques sont confrontées à des distorsions de concurrence mettant en péril leur compétitivité. Par exemple, les impasses réglementaires en production de choux (enrobage), de tomates (soufre en sublimation), en pommes (piégeage contre la mouche méditerranéenne)... doivent être impérativement résolues pour mettre les producteurs français dans des conditions de concurrence correctes vis-à-vis de leurs collègues européens.

Né en novembre 2007, le Collectif sauvons les fruits et légumes de France constitue un mouvement de citoyens. Il vise à sortir les producteurs de l’impasse réglementaire dans laquelle ils se trouvent. Il rassemble des producteurs de la France entière, membres de toutes les filières et de toutes les sections professionnelles qui, confrontés aux mêmes problèmes, ont décidé de réunir leurs efforts pour sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics aux menaces qui pèsent sur la production hexagonale et aux moyens d’y remédier ; il ne se substitue pas plus qu’il ne concurrence l’organisation traditionnelle de la profession ; il n’a pour but que de la compléter avec le souci, partagé par tous, de l’efficacité. Toutes les cultures de fruits et légumes y sont représentées. Il obtient le soutien de scientifiques, de médecins, mais également de chefs cuisiniers, etc. Il est soutenu par des élus (maires, conseillers généraux et régionaux, députés et sénateurs).

Bernard Géry, producteur de mâche du Val Nantais et Vincent Schieber, Président de l’Association Carottes de France ont été auditionnés le 20 juin dernier par la mission commune d’information portant sur les pesticides au nom du Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France.

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