 La confiance dans les chefs d'entreprise n'est plus un sentiment dominant chez les salariés. La colère et le recours à la force réapparaissent de façon inhabituelle.
Le traditionnel attachement personnel des salariés à leur entreprise se délite sur fond de crise économique, et d'inégalités sociales.
Selon un sondage publié lundi 30 novembre par le quotidien économique, Les Échos, "la rupture entre salarié et employeur est consommée."
L'enquête a été faite auprès de 1 005 salariés du privé. Il en ressort que 36% d'entre eux éprouvent des "sentiments majoritaires négatifs" à l'égard de l'entreprise ou l'administration dans laquelle ils travaillent. Pire, seulement 42,7% de salariés du privé affirment avoir "confiance dans les dirigeants" de leur entreprise.
Ces résultats, note le quotidien, marquent une évolution des rapports de travail dans la mesure où auparavant "les salariés français n'aimaient pas les patrons, mais ils étaient souvent attachés à leur propre entreprise ou administration."
Désormais, seuls 39% des employés pensent que, dans leur entreprise, "les intérêts des dirigeants et des salariés vont dans le même sens". Une majorité de 73% d'entre eux juge que dans l'ensemble, les écarts de salaires entre employés et dirigeants sont injustifiés. 38% pensent qu'au sein leur entreprise ils sont justifiés.
Enfin 44% des personnes interrogées, estiment que leur situation de travail s'est dégradée.
Ce mécontentement et cette crise de confiance ne poussent pas les salariés à la résignation, au contraire. Si les syndicats ne sont pas épargnés, ce sont même "les modes de revendications les plus durs" qui sont plébiscités.
Ils sont ainsi 64% à estimer que "dans certains cas, il est normal que les salariés aient recours à la force pour faire valoir leurs revendications". 78% sont par ailleurs prêts à signer des pétitions, 59% à manifester, 54% à faire grève... Plus surprenants, les cadres comprennent à hauteur de 43% le recours à la force.
Tous ces éléments dessinent les contours d'une crise managériale de grande ampleur. Car avant tout, c'est le besoin accru des salariés en leadership qu'elle révèle. 85% des salariés interrogés estiment essentiel de développer des liens avec leur responsable hiérarchique, de même que d'obtenir davantage d'informations concernant la stratégie de l'entreprise. Alors que le niveau de stress est majoritairement jugé acceptable, les salariés en appellent à plus d'écoute et de transparence.
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M.Rigano
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