 Au-delà du vote, les débats du Conseil des droits de l'homme de l'ONU ont montré que le respect de la personne humaine n'est toujours pas une valeur universelle.
C'est très péniblement que l'ONU a émis une résolution condamnant la discrimination et la violence faite à une personne en raison de son orientation sexuelle.
Peut-on parler d'une résolution historique, comme le fait Amnesty International, à propos d'un texte qui n'a été voté que par 23 voix contre 19 et 3 abstentions, et surtout qui a révélé des conceptions affligeantes de la dignité humaine de la part de représentants du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.
Sans doute, les victimes de discriminations pourront-elles s'appuyer sur cette résolution pour défendre leurs droits, ce qui est loin d'être négligeable, mais le sentiment dominant reste pour nous la tristesse de constater qu'en 2011, le fait qu'une personne puisse être victime de discrimination et surtout de violence en raison de son orientation sexuelle, autrement dit son homosexualité, ne soit pas un principe encore universellement admis.
Certes, l'égalité des droits entre hommes et femmes relève toujours de l'utopie, y compris dans les pays occidentaux. Certes la situation de la femme est inhumaine dans bien des contrées pas forcément exotiques, mais admettre a contrario qu'il soit "compréhensible" qu'une personne soit agressée du fait de sa sexualité est tout aussi inacceptable et révoltant !
On est consterné par la déclaration du représentant du Pakistan, "sérieusement préoccupé par cette tentative d'introduire à l'ONU des notions qui n'ont aucune fondation légale dans la législation internationale des droits de l'homme". On invite ce triste sire à relire la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, qui justement, dans son article 2, évoque tous les cas de discrimination.
N'incitons pas les tenants de la discrimination à aller au bout de leur discours; qu'ils osent dire qu'une personne peut légitimement être frappée du seul fait de son homosexualité ne les gênerait sûrement pas. Mais alors qu'ont-ils à faire au Conseil des droits de l'homme ? Est-ce pour des cours de rattrapage accélérés ? Que la résolution ait rencontré le plus d'opposition de la part des pays africains et des pays islamiques ne doit pas cacher que la bêtise est universelle, elle aussi.
Le Conseil des droits de l'homme vient de demander une étude sur les lois discriminatoires et les violences contre les personnes en raison de leur orientation et leur appartenance sexuelle. C'est une bonne chose, mais avant les lois, il y a les cultures et les traditions et donc l'éducation. Tant que le respect de la différence, l'idée qu'il n'y a qu'une seule espèce humaine et la notion que l'amour entre les êtres peut revêtir plusieurs formes, ne seront pas enseignés partout, et en permanence, notre humanité continuera ses errances destructrices.
M.Rigano
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