 Le gouvernement s'émeut de la délocalisation annoncée par Renault, de la fabrication de la future Clio en Turquie.
L'année dernière, Renault a fait partie des constructeurs automobiles qui ont reçu chacun une aide de l'État de 3 milliards d'euros, en échange de l'engagement de maintenir sur le territoire leurs usines d'assemblage.
Trop c'est trop. Nicolas Sarkozy recevra demain Patrick Pelatat, le directeur général de Renault, en présence de Raymond Soubie, conseiller du président de la République en charge des dossiers sociaux, et de Christian Estrosi, ministre de l'Industrie.
Les autorités françaises apprécient peu, c'est un euphémisme, que le constructeur ait annoncé publiquement son intention de produire la future Clio, 4e du nom, en Turquie et non plus à Flins, en région parisienne.
Le site français ne produirait plus que des batteries. Une information publiée par le quotidien La Tribune est à l'origine de l'ire gouvernementale. L'année dernière, les constructeurs automobiles français, Renault et PSA Peugeot-Citroën, ont reçu chacun une aide de l'État de 3 milliards d'euros, en échange de l'engagement de maintenir sur le territoire leurs usines d'assemblage : une production 100% turque de la Clio serait contraire à cet engagement.
Pourtant, le dispositif industriel évoqué n'a rien de très nouveau. Début novembre, Carlos Ghosn, le PDG de Renault, expliquait que l'usine de Flins serait au coeur de la stratégie du groupe dans la construction de la voiture électrique (voir notre édition du 27 juillet 2009). Outre la construction d'un véhicule électrique "au coeur de la gamme" de Renault et d'une taille équivalente à celle de la Clio, Carlos Ghosn précisait que l'usine francilienne produirait aussi des batteries électriques.
Renault, mais aussi son partenaire japonais Nissan, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et le Fonds stratégique d'investissement (FSI) ont signé une lettre d'intention pour créer une coentreprise. De son côté, l'État, qui détient toujours 15% du capital de Renault, doit accorder un prêt à un taux bonifié, d'un maximum de 150 millions d'euros, au projet.
Il n'a en revanche jamais été question que la Clio "ne soit plus produite en France", explique une porte-parole de Christian Estrosi. Au ministère, on estime que Renault dispose de suffisamment d'usines en France pour y maintenir la production de la future Clio. D'autant que ce modèle est un des best-sellers de la marque, et qu'il bénéficie amplement de la prime à la casse et du bonus écologique.
Lire aussi La voiture électrique pour tous en 2012 ! Lire aussi La voiture électrique gagne du terrain.
M.Rigano
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2010 Zurbains.com
|