 La prime à la casse a permis au secteur automobile d'afficher ses meilleurs résultats depuis presque 20 ans, mais il va falloir gérer un retour au marché traditionnel.
Les constructeurs français ont été les grands gagnants de la politique d'aide publique. Il leur faut maintenant anticiper un retour à une concurrence plus sévère, sans les mêmes atouts.
Le ministre chargé de la Relance vient d'annoncer que le dispositif de prime à la casse lancé par le gouvernement pour soutenir le secteur automobile, a concerné 600 000 véhicules neufs achetés en 2009, soit un quart des 2,268 millions de voitures vendues dans l'année.
En novembre dernier déjà, Patrick Devedjian avait anticipé ce chiffre, persuadé que les 220 000 primes initialement budgétées par le gouvernement seraient largement dépassées. Ce dispositif, selon lui, a permis de faire de 2009 "la meilleure année depuis 1990" en matière de nombre de nouvelles immatriculations, ces dernières ayant effectivement bondi de 10,7% sur un an. La prime aurait permis de sauvegarder entre 24 000 et 33 000 emplois dans la filière automobile.
La prime à la casse a surtout bénéficié aux petits véhicules, moins gourmands en carburant. Ce sont donc les constructeurs français, très présents dans ce segment, qui sont les grands gagnants du dispositif. Ils totalisent près de 60% des primes distribuées.
Citroën a ainsi écoulé 122 618 véhicules grâce à la prime à la casse, talonné par Renault (115 311) et Peugeot (101 516). Dacia du groupe Renault (32 344) et Ford (30 908) arrivent loin derrière, d'après les chiffres communiqués par le ministère.
"La prime à la casse a atteint tous ses objectifs en 2009", s'est réjoui le ministre. Mais ce dernier rappelle que le plus dur reste à venir. Il va désormais falloir «gérer efficacement» la baisse du montant de cette prime, entamée en 2010.
Depuis le 1er janvier dernier, la prime à la casse a en effet été revue de 1 000 euros à 700 euros. Elle devrait progressivement baisser dans le reste de l'année pour atteindre 500 euros le 1er juillet.
Les constructeurs ne sont pas encore prêts à lâcher cet atout pour leurs ventes. Pour atténuer les effets de baisses, la quasi-totalité des constructeurs a prévu des ristournes. Renault a annoncé qu'il allait rajouter 300 euros de compensation jusqu'à la fin février. Citroën propose 700 euros pour les voitures de plus de 10 ans et 1 500 euros pour celles âgées de 8 à 10 ans. Peugeot propose même, dans le cadre de ses "très très belles affaires", de doubler le montant de l'actuelle prime pour la porter à 1 400 euros.
En ajoutant les primes à la casse qui vont être distribuées en 2010, auxquelles les constructeurs ajoutent des ristournes, la mesure dépassera ses devancières en chiffres absolus. La "balladurette" de 1994-1995 avait en effet profité à 676 000 véhicules en 16 mois, tandis que la "juppette" de 1995-1996 avait été touchée par 651 000 conducteurs en 1 an.
Reste maintenant à voir quels seront les chiffres de l'année en cours, dans un contexte économique très difficile.
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M.Rigano
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