
Le 2 juin 1979, l'association Airparif était créée pour surveiller la qualité de l'air en Île-de-France !
30 ans plus tard, ce qui devait être une surveillance des particules de dioxydes de soufre, s'est orientée vers le dioxyde de carbone puis la formation d'ozone...
Le niveau des connaissances permet à Airparif de faire évoluer sa veille des particules polluantes de l'air : on surveille plus de polluants, dont les particules sont de plus en plus fines. Initialement prévu pour surveiller le niveau de dioxyde de soufre émis par les centrales thermiques, Airparif a commencé à surveiller les niveaux d'ozone dès 1985 à la demande de l'Europe.
Si les émissions de dioxyde de soufre ont baissé avec le développement de l'électricité nucléaire, ce sont celles liées à l'ozone qui ont pris de l'ampleur. Leur formation, par transformation de polluants sous l'effet du soleil, ont été découverte suite à la surveillance de l'association : ces particules fines qui s'émissent profondément dans les voies respiratoires sont même devenues une priorité de santé publique. Les instruments de mesure sont aussi plus efficaces, avec des capacités de mesures plus fines (inférieures à 2,5 microns), et permettent de déceler des pics inédits : l'année 2007 fut une mauvaise année en terme de pollution, et 2009 a déjà connu 9 pics, dont 8 dus aux particules fines. Le seuil d'alerte ayant déjà été déclenché une fois.
Les valeurs limites fixées par l'Union européenne sont largement dépassées pour une partie de l'Île-de-France, avec des épisodes de pollution sévères au printemps et en hiver. On découvre ainsi depuis peu, qu'au printemps, l'épandage d'engrais est responsable d'une bonne part des particules fines, provenant même de l'EST européen. Et en hiver, les émissions seraient davantage le fait de la combustion de biomasse (avec les chaudières à bois par exemple).
Airparif et les scientifiques sont cependant impuissants face à certaines réalités Malgré la réduction des causes d'émissions (échappements, usines), les taux ne baissent pas ! Le trafic automobile n'occupe qu'une part des responsabilités, et en utilisant davantage de bois à la place du fioul pour se chauffer, on accroit les émissions de CO2. De plus, le changement climatique (plus chaud) n'est pas suivi par un changement des périodes d'épandage agricole, ce qui aurait des conséquences sur la chimie atmosphérique.
L'une des carences les plus importantes d'Airparif, reste le suivi de la pollution latente ! Il existe bien une alerte en cas de pics, mais celle-ci n'est finalement que l'accentuation d'une situation de fond sur lequel aucun suivi n'est à disposition : le Plan particules, annoncé depuis 2007, n'est toujours pas actif !
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E.CINESTIA
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