 Les Dieux ont dû en tomber sur la tête ! Après d'âpres discussions, les Européens sont parvenus à un accord pour sauver la Grèce.
La recherche d'un consensus à tout prix, a cependant conduit les dirigeants européens à créer une usine à gaz inédite...
Si la Grèce ne parvenait plus à se financer à des taux raisonnables sur les marchés financiers, l'accord qu' "En cas d'urgence exceptionnelle" ce qui suit : - En "dernier recours" les pays de la Zone euro apporteront leur soutien à la Grèce, - Ils accorderont des prêts bilatéraux pour 2/3 des besoins, - Le FMI apportant quant à lui le dernier tiers, - La BCE "assouplira" les critères pour inciter les banques à acheter les obligations grecques, - Enfin, le dispositif sera activé après le vote à l'unanimité des pays membres de la Zone euro.
En clair, les Européens ont inventé un système dont tout est fait pour qu'il ne soit jamais mis en pratique ! Tout ça pour ça, direz-vous ? Et bien oui ! On savait les dirigeants européens adeptes des discussions "byzantines"... mais là, force est de reconnaître qu'ils se sont surpassés, en inventant le consensus à la "Pyrrhus" : tout le monde est gagnant et perdant à la fois !
Si Berlin semble avoir gagné la partie, ce n'est qu'une illusion d'optique. En imposant sa vision (recours au FMI + droit de veto), elle a dû accepter l'idée d'une "gouvernance économique" qu'elle ne voulait pas. Par ailleurs, alors qu'elle refusait de "payer" pour Athènes, elle se retrouve finalement dans la position de devoir le faire. Enfin, elle a dû abandonner l'idée de sanctions (expulsion de la Zone euro) pour les mauvais élèves. Résultat, la presse allemande est furieuse !
Toutefois, depuis le début de cette crise, l'Allemagne tire singulièrement son épingle du jeu. 1ère exportatrice d'Europe, la baisse de 12% de l'euro, lui a permis de diminuer le prix de ses exportations de 10 à 15%. Elle lui a donc donné un avantage compétitif non négligeable, et ce, au détriment de ses partenaires européens, d'où les remarques acerbes de Christine Lagarde.
Paris semble essuyer un revers dans sa volonté d'une solution 100% européenne. Là aussi, le revers n'est qu'illusion puisque nous imposons l'idée d'une future "gouvernance économique commune". Nous sauvons en partie notre "solution européenne" en imposant un partage du financement 2/3 Zone euro, 1/3 FMI. Enfin, nous parvenons à faire échouer le projet "d'expulsion" des pays indélicats.
Athènes pousse un "ouf" de soulagement pensant avoir trouvé une solution... Mais attention aux lendemains qui déchantent, car elle n'obtient pas de financement immédiat. De plus, sa situation économique et sociale est loin d'être stabilisée. Enfin, personne ne peut dire si les Grecs joueront le jeu en réduisant le travail au noir (40% du PIB), en payant leurs impôts, en déclarant la TVA, etc... Les Grecs estiment qu'ils n'auront pas recours au plan... car son annonce est un signal fort pour les marchés, et devrait décourager la spéculation sur leur dette.
Autre satisfaction, le geste de la BCE qui a annoncé qu'elle assurerait quoiqu'il advienne la "liquidité" de la dette grecque. En faisant cela, elle permet aux banques de se refinancer à bon compte. Du point de vue de nombreux acteurs du marché, c'est cette disposition technique qui devrait permettre d'éviter le pire à Athènes. En effet, il vaudrait mieux que cela fonctionne, car en réalité, les Grecs sont terrifiés à l'idée d'avoir recours à ce plan. L'intervention du FMI signifierait inévitablement un nouveau et douloureux plan de rigueurs, ouvrant la porte à de nouvelles et dangereuses tensions sociales...
Reste que de nombreuses "zones d'ombres" persistent, tant sur le fond que sur la forme. Les semaines et mois à venir nous diront si cette solution était "LA" solution ? De surcroît, ne nous leurrons pas, nous sommes encore dans une crise profonde qui n'est toujours pas résolue ! La reprise économique sera déterminante, mais elle reste encore hypothétique, notamment en terme de proportion.
La BCE qui voulait une solution 100% européenne, au travers de son Gouverneur M. Trichet, regrette amèrement de ne pas avoir été davantage écoutée. Celui-ci a estimé que c'est un "très très mauvais" signal qui venait d'être envoyé. Alors, si même Monsieur le Gouverneur le dit...
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C.SALES
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