Crise économique et grandes tables s’entrechoquent à New York, mais les Américains sont pragmatiques.
Même la grande cuisine va devoir s’adapter à un contexte plus difficile et trouver de nouvelles formules plus accessibles.
Les bonnes tables de New York ont subi cette année les effets conjugués de la récession et d’un changement des goûts qui les a contraintes à s’adapter, estiment les spécialistes de la gastronomie. Avant la crise économique, les restaurants haut de gamme new-yorkais se livraient une concurrence sévère en proposant les dîners et les cocktails les plus chers de la ville. Mais plus de 500 restaurants ont fermé leurs portes cette année à New York, y compris les très renommées enseignes des brasseries françaises Chanterelle et le Café des Artistes.
La disparition la semaine dernière de Gourmet, magazine spécialisé vieux de 68 ans, est venue confirmer l’avenir incertain de la haute cuisine. La récession a accéléré la tendance en faveur d’une nourriture moins sophistiquée, mais également le rejet d’une atmosphère un peu guindée dans les restaurants de renom.
Pour les critiques gastronomiques, un restaurant doit offrir des mets originaux et créatifs à des prix raisonnables, et donc redevenir plus simple, et surtout plus accessible.
La notion de grande table a largement évolué et, crise oblige, va devoir poursuivre sa mue. Daniel Boulud, propriétaire du triple étoilé Daniel, a ouvert récemment DBGB, une brasserie conviviale. Pour le chef Andrew Camellini, un concept hybride va certainement voir le jour traduisant la tendance en faveur de restaurants plus conviviaux et une nourriture agréable, mais sans les pièges du haut de gamme.
En attendant, un restaurateur rappelle que la haute cuisine n’est pas prête de disparaître à New York, et 25 000 personnes ont participé aux 4 jours du festival de la gastronomie qui s’est achevé, déjà, le 11 octobre.
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