Yannick Noah devrait-il se taire ?

Noah se met au boomerang, et ça cogne dur !

La communication peut se révéler un produit aussi frelaté qu’une dose d’EPO : Yannick Noah pensait faire un ace, il s’est pris un retour très rude !Le

lundi 28 novembre 2011, par
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La communication peut se révéler un produit aussi frelaté qu’une dose d’EPO : Yannick Noah pensait faire un ace, il s’est pris un retour très rude !

Le probable n’est, par définition, pas sûr. Accuser publiquement tous les sportifs espagnols d’être dopés est bien téméraire quand on n’accompagne pas son propos de preuves.

On peut être intelligent et se prendre les 2 pieds dans sa raquette. C’est en l’occurrence ce qui arrive à Yannick Noah dont le propos volontairement provocateur sur le dopage des sportifs espagnols a fait bien des remous, y compris chez ses amis. Sa diatribe consistant à dire, puisque certains se dopent, dopons-nous tous, comme ça tout le monde sera à égalité et du coup ce ne seront plus les tricheurs qui gagneront, n’était sûrement pas à prendre au premier degré, mais la maladresse du propos appelait forcément à des réactions indignées qui n’ont pas manqué.

Contraint de faire machine arrière et de réaffirmer publiquement qu’il est contre toute forme de dopage, Yannick Noah ne peut se plaindre de la sensation très désagréable de servir de bouclier. Il a passé l’âge de l’inconscience et, en sa qualité d’ancien sportif professionnel, il sait parfaitement que le dopage est un champ miné.

Si les autorités sportives et politiques espagnoles ne semblent pas en pointe dans la lutte contre le dopage, c’est un euphémisme, le moins que l’on puisse dire c’est que le mal est largement répandu comme en témoigne le nombre régulier de sportifs, toutes disciplines confondues, qui finissent par se faire sanctionner pour dopage. Les Etats-Unis, avec notamment le basket et le football américain, la Chine, pour tous les sports, et les ex-pays de l’Est ont des longueurs d’avance sur l’Espagne en matière de souplesse pour ce qui concerne le dopage.

Une véritable omerta règne dans certaines disciplines sportives dès lors que l’on évoque le dopage, pour la simple raison que les enjeux économiques qu’il recouvre sont colossaux. En Italie, où le football est une religion, et un gigantesque business, ceux qui ont timidement le dopage pratiqué dans des grands clubs (Juventus, Milan AC, Inter de Milan, AS Roma...) ont subi de telles pressions qu’ils n’ont pas insisté longtemps.

En lançant un pavé dans la marre, sans aucun élément nouveau et surtout sans aucune preuve, Yannick Noah a permis à tout un petit monde de jouer les vierges effarouchées, et se retrouve ainsi comme l’arroseur arrosé. Le plus rageant c’est que Noah a sûrement raison sur le fond, sauf en mettant en exergue l’Espagne.

L’évolution de la musculature des rugbymens est impressionnante, les écarts de performance de certains athlètes sont troublants et l’intensité de certains matchs de football laisse dubitatif, mais seul un combat mené sur des preuves incontestables, et non des soupçons, fera avancer le combat contre ce fléau. En attendant, en regardant jouer Barcelone et ses lutins magiques, dont le talent et l’adresse ne doivent rien à des stimulants artificiels, on continue à rêver à un sport propre et source de plaisir partagé.

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