Passé la quarantaine, hommes et femmes courent plus et plus vite après le chrono... Mais que cherchent-ils ?
Le marathon de New York a été examiné au microscope par les chercheurs de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Les conclusions sont détonantes...
Tout a commencé il y a environ 2 500 ans, quand, selon la légende le soldat grec Philippides courut les 40 km qui séparaient Marathon et Athènes, pour annoncer la victoire des Athéniens contre les Perses. On dit qu’il mourut d’épuisement, juste après avoir annoncé la bonne nouvelle...
Comment imaginer qu’un jour des dizaines de milliers d’hommes et de femmes perpétueraient à leur façon, chaque année à travers le monde, le souvenir de cette aventure épique et que des champions approcheraient de plus en plus le temps hallucinant de 2 h pour courir la fameuse distance de 42 km 195 m. Mais outre le record absolu, 2 h 03 pour les hommes et 2 h 15 pour les femmes, c’est un phénomène de masse qui a frappé les chercheurs de l’Inserm.
En analysant minutieusement le profil des participants du marathon de New York, l’un des plus prestigieux et des plus populaires, ils ont mis en lumière l’incroyable évolution des coureurs et coureuses de plus de 40 ans.
Le marathon se révèle être un sport de la maturité puisque désormais plus d’un participant sur deux est âgé de plus de 40 ans, phénomène qui s’est particulièrement accéléré sur les 10 dernières années. Plus étonnant, les vieux vont de plus en plus vite. En trente ans, les hommes de 65 à 69 ans ont gagné en moyenne 15 minutes, ce qui donne un temps moyen de 3 h 35, plus qu’honorable. Les femmes ont suivi la même évolution, et celles qui ont entre 55 et 59 ans permettent d’établir un temps moyen de 3 h 32 min, là aussi étonnant puisque l’on est sur les bases d’une moyenne horaire de 12 km. Les joggeurs apprécieront...
Pour les chercheurs de l’Inserm, l’explication tient à un meilleur entraînement, une alimentation plus appropriée et une meilleure hygiène de vie. Il manque peut-être une approche sociologique des marathoniens à ces données sportives, car le marathon est une activité qui coûte cher : frais de participation et de déplacements, équipements.
Le marathonien de base, à distinguer des champions, tient surtout à réaliser une expérience personnelle qui le fait entrer dans un cercle où la performance s’efface derrière la participation en elle-même. Les classes moyennes et supérieures, économiquement bien sûr, sont donc très présentes dans l’univers du marathon et le lien avec l’âge apparaît plus évident puisqu’il s’agit d’une population globalement installée dans la vie.
Tout laisse à penser que ce phénomène de bien vieillir des marathoniens va se poursuivre, et que la culture d’une meilleure façon de gérer les années séniors va contribuer à un phénomène qui ne recule pas l’échéance finale, mais permet de mieux vivre les années post soixantaine. On regarde avec amusement une évolution qui voit que le vétéran du marathon de Londres a 94 ans, et celui du marathon des Sables vient de passer les 77 ans. On les appelle les ultras seniors ! Bienvenue dans le monde des anciens qui bougent, qui courent, qui galopent... de plus en plus vite !







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