L’heure de la vérité économique approche pour le football professionnel, selon le président de l’UEFA, Michel Platini. Faire appliquer le fair-play financier, c’est remettre en cause un système devenu fou.
Un pari qui ressemble étrangement au défi de l’Europe.
On peut dire que si un homme est capable de le faire, c’est lui, et pourtant... L’un des plus titrés et prestigieux joueurs français, devenu président de l’UEFA, principale organisation du football européen, a décidé de remettre en ordre de marche l’économie du football. Michel Platini a le charisme et le caractère pour relever cet immense défi, mais on peut se demander s’il n’a pas endossé le costume de Don Quichotte.
Pourquoi ce scepticisme ? D’abord parce que la mesure du fair-play financier, nom donné à l’ambition d’obliger les clubs à avoir des finances assainies, a été votée en 2009 et qu’elle doit entrer en application pour la saison 2015. Or, les clubs européens ont globalement continué leurs errements financiers sans se préparer progressivement à une gestion où les dépenses cessent d’exploser par rapport aux recettes. Le football professionnel européen a poursuivi sa folle fuite en avant, continuant à pratiquer des rémunérations de footballeurs hallucinantes et on voit mal comment les pratiques actuelles s’arrêteraient soudainement. Une logique gestionnaire aurait d’ailleurs voulu qu’il y ait des étapes et un calendrier établis, permettant de vérifier les efforts faits... ou à faire.
Autre obstacle de taille à l’application stricte du fair-play financier : les sommes en jeu et le poids financier, économique et politique des propriétaires de clubs. Nombreux sont les clubs qui sont détenus par des fonds de pension, prêts à se retirer au moindre vent contraire. Quant aux gouvernements, peu ont, et auront, le courage de se mettre à dos des milliers de supporters qui n’accepteront pas que leur club favori soit interdit de compétition pour cause de mauvaise gestion. La faiblesse récurrente des différentes autorités publiques devant les excès et les violences des pseudo supporters laisse mal inaugurer de la suite... Du pain et des jeux...
Enfin, on imagine sans peine les batailles juridiques menées par des bataillons d’avocats auprès de toutes les juridictions, sportives et civiles, pour contester une mise hors compétition des clubs sanctionnés. On assiste de plus en plus fréquemment à l’annonce de la faillite d’un club et à sa mise en liquidation judiciaire ; le phénomène vient de toucher récemment le prestigieux club écossais des Glasgow Rangers. En Grèce, mais aussi en Espagne, des joueurs ne sont plus payés depuis plusieurs mois.
Ce risque de faillite brutale d’un club, qui fausserait la compétition ou empêcherait qu’elle aille jusqu’à son terme normal, est sans doute l’argument le plus fort pour que la réforme voulue par Michel Platini. Le président de l’UEFA joue là sûrement le match le plus dur de sa nouvelle carrière ; on lui souhaite sincèrement de réussir...










Vos commentaires
# Le 26 juin 2012 à 18:09, par Sélectionneur En réponse à : Le grand défi de Michel Platini
Michel, on te demande qu’une seule chose, le passage à l’arbitrage vidéo ! Allez Michel !