Menaces, chantages, extorsions de fonds, le monde du football est en danger de mort, au sens propre !
L’association des syndicats de footballeurs professionnels (FIFPRO) révèle l’importance des dérives mafieuses qui rongent le football des pays de l’Europe de l’Est.
Le football, sport le plus universel, est à l’image des sociétés, ce qui explique en partie son succès à travers les continents, et il aurait été surprenant qu’il échappe aux turpitudes qui ravagent les ex-pays communistes. Plus d’un demi-siècle de régime totalitaire et d’endoctrinement des populations a laissé la place à des sociétés où l’Etat est rejeté et le droit bafoué, remplacés par la corruption et la violence. Les anciens fonctionnaires et apparatchiks se sont transformés à une vitesse stupéfiante en chef mafieux et en milliardaires ne lésinant sur aucun moyen pour accroître leur puissance.
Dans ce contexte qui a touché tous les pays, le football professionnel qui brasse des sommes colossales ne pouvait rester à l’écart de l’appétit de ces nouveaux seigneurs. L’enquête réalisée auprès de plus de 3 300 footballeurs des pays européens de l’Est par la fédération des associations de footballeurs professionnels révèle dans le détail des pratiques des séries américaines les plus noires.
Au Kazakhstan, plus de 34% des joueurs interrogés reconnaissent avoir été contactés pour truquer des matchs. Au Monténégro, 94% des joueurs déclarent ne pas toucher leur salaire régulièrement. Un joueur a été menacé d’avoir les 2 jambes brisées s’il ne participait à l’arrangement d’un match. Un joueur sur neuf reconnaît avoir été victime de violence ou de racisme, souvent à l’initiative de supporters mais aussi de la part des dirigeants de clubs. Un autre, qui réclamait un arriéré de salaires, s’est vu suspendu et menacé par son club.
On comprend mieux pourquoi les joueurs n’ont accepté de répondre à l’enquête syndicale que sous couvert d’anonymat. Le développement des paris sportifs, légalisé ou pas, a naturellement engendré un phénomène de corruption si important que l’on considère que la moitié des pays européens sont concernés. A l’image des moeurs de la prostitution, la violence pilotée par des chefs de clan se moque de toute notion de droit et de respect de la dignité humaine. Il n’y a rien à attendre des pouvoirs politiques locaux, eux-mêmes baignant dans ce système.
Les instances internationales du football, luxueusement installées en Suisse, vont devoir réagir vite et fort. Elles, qui sont si promptes à s’énerver quand une autorité publique se mêlent de sport, ne peuvent continuer à laisser dériver une situation qui décrédibilise toutes les compétitions. On peut également s’étonner du silence de la Commission européenne, si vigilante à combattre la moindre prestation sociale et la plus petite atteinte à ce qu’elle estime être la libre concurrence. Pourtant, ce sont des milliards qui sont en jeu.
Avec la libéralisation du marché, les mafias footeuses ne s’embarrassent pas du moindre scrupule, pour transformer les joueurs en simples pions d’un casino géant dont ils tiennent les rênes. C’est fou ce que l’école communiste a su bien préparer les ultralibéraux d’aujourd’hui. Les totalitarismes sont tristement jumeaux.







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