La course au gigantisme fait exploser les frais d’organisation des Jeux olympiques. Une manifestation qu’il vaut mieux regarder qu’organiser...
Accueillir les grandes manifestations sportives internationales a forcément un coût. Les Londoniens commencent à y penser.
Alors que la capitale britannique est en pleine préparation des prochains Jeux olympiques d’été, les débats s’enveniment sur le coût de plus en plus exorbitant de ces grandes manifestations dont le cahier des charges est en lui-même une rude épreuve. Fait significatif, qui peut expliquer l’inquiétude des Londoniens, le budget prévisionnel est passé de 3 milliards € à 11 milliards €, en 7 ans. Mais, compte tenu notamment des règles draconiennes de sécurité, des parlementaires craignent que le coût final approche les 29 milliards € !
Si le principe même des Jeux olympiques peut être encore perçu positivement comme un des rares moments où les peuples du monde entier peuvent rivaliser pacifiquement entre eux, il ne faut pas oublier que la plus grande compétition sportive mondiale nous donne également des images symboliquement très fortes. On se souviendra de la flamme olympique portée par Cathy Freeman, athlète aborigène et de la culture de son peuple qui fut mis à l’honneur lors de la cérémonie d’ouverture des jeux de Sydney, on n’oubliera pas le poing tendu sur le podium des sprinters noir américain, Tommie Smith et John Carlos, protestant contre la ségrégation raciale aux USA, et plus tragiquement, on garde en mémoire la tuerie des Jeux de Munich, en 1972, où 11 athlètes israéliens furent assassinés par le commando Septembre noir.
Les Jeux olympiques ont toujours été un évènement politique et économique autant que sportif, ne serait-ce qu’en raison de l’exceptionnelle diffusion médiatique dont ils font l’objet. Ce qui est regrettable de nos jours, c’est que le coût de leur organisation en interdise l’accès à de nombreux pays,sauf à risquer un endettement considérable.
La question se pose de savoir si à compétition internationale de cette ampleur, il ne doit pas y avoir financement international, au moins pour certains postes de dépenses. D’après les chiffres publiés sur les Jeux de Londres, l’ordre décroissant des dépenses donne 7,8 milliards € pour les transports, 2,4 milliards € pour l’organisation, 1,2 milliard € pour le stade olympique, 675 millions € pour le village olympique, 670 millions € pour la sécurité et 98 millions € pour les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux.
Si les infrastructures de transport et d logements sont évidemment des investissements profitables aux Londoniens dans le temps, les autres postes sont des charges ponctuelles énormes sur lesquelles on peut s’interroger. Faut-il que chaque cérémonie d’ouverture se veuille encore plus démesurée que la précédente, dans une folle course au prestige d’un instant ? Pour rivaliser avec Pékin, le gouvernement britannique a doublé le seul budget consacré aux cérémonies... Autant d’éléments qui font que l’on peut se demander si les Parisiens n’ont pas fait une excellente affaire en n’organisant pas les Jeux de 2012.







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