Les chiffres concernant la prostitution avancés par la Fondation Scelles sont affolants. Loin de disparaitre, elle est en augmentation.
La prostitution, dominée par la traite des êtres humains et le crime organisé, a pris un caractère industriel et mondial.
La prostitution ne connait pas la crise. Selon le récent rapport de la Fondation Scelles intitulé Rapport mondial sur l’exploitation sexuelle (éd. Economica), la prostitution se porte à merveille. Elle rapporterait chaque année des milliards au crime organisé.
Plus de 40 millions de personnes prostituées dans le monde Les chiffres de la prostitution montrent une forte expansion. Selon le rapport, la prostitution a atteint une dimension industrielle et planétaire des plus inquiétantes. Près de 42 millions de personnes dans le monde seraient concernées. Des millions de femmes et de mineurs vivraient ainsi dans l’angoisse de la prostitution. La misère est un des premiers facteurs qui poussent la prostitution à se développer. Depuis une dizaine d’années, elle ne cesse de se propager. La Fondation Scelles, qui lutte contre ce fléau, ne peut que constater son expansion. Internet et l’usage des téléphones portables ont favorisé le développement du phénomène. D’autre part, l’hypersexualisation ambiante contribue, elle aussi, à son développement.
Les réseaux prospèrent Le corps devient une marchandise de plus dans notre société de consommation où tout est à vendre. Kidnapping et vente à des réseaux de prostitution sont toujours d’actualité. Vente entre réseaux d’un pays à l’autre aussi. En Europe occidentale, entre un et deux millions de personnes se prostituent dont une majorité de migrantes, victimes de la traite des êtres humains, indique le rapport.
Les grands gagnants de cette commercialisation des corps sont les groupes du crime organisé. Selon la Fondation, la prostitution serait la 3ème source de revenus du crime organisé avec près de 28 milliards de dollars. Elle se place ainsi juste derrière la drogue et les armes.
Victimes : essentiellement de femmes et des mineurs La Fondation s’inquiète de voir le phénomène se développer de la sorte. En Moldavie par exemple, 70% des femmes de 15 à 25 ans ont vendu leur corps au moins une fois. Le rapport souligne également la part importante de mineurs qui se retrouvent pris dans l’engrenage. 75% des prostitués auraient entre 13 et 25 ans. Deux à 3 millions de mineurs figureraient ainsi parmi les plus de 40 millions de personnes prostituées dans le monde. L’âge moyen mondial d’entrée en prostitution serait de 13 ou 14 ans. Tous les endroits du monde sont concernés. On recenserait aux Etats-Unis entre 100 000 et 300 000 enfants prostitués, 30 000 à 40 000 en Thaïlande, 1,2 million en Inde par exemple.
Violence et domination La grande majorité des prostituées sont soumises à un proxénète. C’est le cas dans 90% des fois. Violence, viol, drogue, démolition physique et psychologique vont de pair avec la prostitution, explique la Fondation. Devant ce constat et bien d’autres du même genre, la question du statut de la femme, souvent infériorisé par rapport à celui de l’homme, se pose spontanément. La question de l’inefficacité des mesures utilisées pour lutter contre ce problème est, elle aussi, posée à nouveau.
Devant le développement des réseaux de prostitution, la pénalisation des clients et l’abolition de la prostitution sont avancées comme une nécessité. La Suède est ainsi montrée en exemple pour avoir mis en place cette pénalisation. En criminalisant les achats de prestation sexuelle, elle a enregistré une baisse du nombre de prostituées. Les réseaux de prostitution ont également été égrenés par cette législation.







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