 Mettre en place de nouveaux indicateurs de richesse, l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) s'y est risquée. Nous sommes désormais mesurables en BIB pour Bonheur Brut Intérieur.
Des économistes mondialement réputés, dont Joseph Stiglitz et Jean Paul Fitoussi, ont essayé de rationaliser l'approche économique du bien-être, en changeant le PIB par le BIB, c'est tout simple...
La richesse ne fait pas le bonheur, mais elle y contribue... grandement. C'est sans doute à partir de ce vieux dicton que l'OCDE et ses experts ont cherché à mesurer la qualité de vie des populations de 34 pays.
Première évidence : le fameux PIB (Produit Intérieur Brut) ne satisfait plus personne pour évaluer sérieusement la richesse d'un pays et de ses habitants, d'où l'idée de prendre en compte des paramètres plus proches de la vie quotidienne.
Pour dresser une grille rationnelle de lecture de la qualité de vie, les économistes de l'OCDE se sont arrêtés sur 11 critères : les revenus, le logement, l'emploi, la santé, la sécurité, la vie en communauté, la gouvernance, l'éducation, l'environnement, le sentiment de satisfaction personnelle, l'équilibre entre la vie professionnelle et la vie de famille. Chaque paramètre fait l'objet d'une notation de 1 à 10.
Avantage de la méthode, n'importe quel citoyen d'un pays étudié peut établir sa propre cotation en fonction de sa situation. Il peut également vérifier le classement de son pays et voir il ferait bon vivre selon les critères de référence. Si les initiateurs du BIB sont les premiers à déclarer que le modèle n'en est qu'à ses débuts et qu'il convient de l'améliorer, les détracteurs ont déjà critiqué l'absence de critères sociaux élémentaires, mais n'est-ce pas le reproche fondamental que l'on peut déjà faire à la construction européenne actuelle ?
Le niveau de protection sociale, le revenu des personnes les plus riches et celui des personnes les plus démunies, l'espérance de vie moyenne ou le taux d'échec scolaire sont autant d'éléments, non exhaustifs, qui sont incontournables pour mieux cerner la réalité du bien-être d'une population. L'aspect environnemental et énergétique doit lui aussi être désormais systématiquement être intégré dans les analyses compte tenu des prévisions pessimistes en la matière, que ce soit au point de vue changement climatique ou épuisement des énergies fossiles.
Si on peut demeurer sceptique sur l'idée de pouvoir un jour mesurer dans l'absolu le bonheur, dans sa dimension aussi bien collective qu'individuelle, la démarche de rationalisation engagée par les économistes de l'OCDE est intéressante, son BIB étant de toute façon plus pertinent qu'un PIB dans lequel personne ne se reconnaissait. Mais comme l'écrivait Jules Renard, l'auteur de -Poil de carotte- : "Le projet est le brouillon de l'avenir. Parfois, il faut à l'avenir des centaines de brouillons."
M.Rigano
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