 En France, les comportements conjugaux ont beaucoup évolué avec le temps.
Mariages, divorces, familles recomposées, enfants hors mariage, autant de réalités qui entrent maintenant en comptent dans la vie de couple actuelle.
Ces séparations et ces nouvelles unions auraient des influences positives sur la fécondité...
Refaire sa vie après une rupture favoriserait une augmentation des naissances. Voici ce qu'indique un article paru dans la revue de l'Institut National d'Études Démographiques (INED), Population et Société, de février 2010. Eva Beaujouan, chercheuse à l'INED, a ainsi analysé les résultats de deux grandes études de l'INED et de l'Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) : "Étude des relations familiales et intergénérationnelles" (Erfi - 2005) et "Étude de l'histoire familiale" (EHF – 1999).
Elle dessine ainsi certaines tendances de l'évolution de la vie de couple et des naissances. "Les ruptures d'union et les remises en couple, lorsqu'elles surviennent aux âges fertiles, ont une influence sur le nombre d'enfants : les ruptures sont un frein aux naissances, les nouvelles unions à l'inverse les favorisent", explique l'auteur. "L'augmentation des divorces et des séparations et la fréquence croissante des remises en couple ont des conséquences potentiellement importantes sur la fécondité individuelle, ainsi qu'à l'échelle du pays sur le nombre de naissances", poursuit-elle.
Plus de naissances en seconde union En France, les séparations et les nouvelles unions sont de plus en plus répandues. Actuellement, près de la moitié des mariages se soldent par un divorce. Comme la vie ne s'arrête pas là, former un nouveau couple est très fréquent. Un cinquième des hommes et des femmes nés entre 1960 et 1964 a ainsi connu deux unions avant 50 ans.
Comme l'âge du premier enfant recule, de plus en plus de premières unions se séparent sans avoir enfanté. La remise en couple est alors l'occasion d'avoir un enfant. Selon l'enquête Erfi, entre 2000 et 2004, 22% des naissances "ont eu lieu dans une deuxième union ou une union ultérieure pour les hommes, et 17% pour les femmes".
L'âge est décisif Plus la seconde union intervient tard, plus les chances d'avoir un enfant diminuent. Une femme qui se remet en couple avant 30 ans, a 67% de chance d'avoir un enfant dans les 5 ans. Lorsque la femme a 35 ans, 14% des couples sont confrontés à la stérilité. 35% doivent y faire face lorsqu'elle a 40 ans et 80% à 45 ans. La fécondité diminue avec l'âge des femmes. Pour les hommes, c'est différent. Après 32 ans, ils ont plus de chances que les femmes d'avoir un enfant, car ils ont tendance à se remettre en couple avec des femmes plus jeunes qu'eux.
Enfants de première et deuxième union Les hommes n'ayant pas eu d'enfant dans leur premier couple sont majoritaires à en avoir dans le suivant. Pour les femmes, elles en auront si elle reforme un nouveau foyer avant 32 ans. Après cet âge, la fécondité baisse. Le fait d'avoir des enfants d'un premier mariage, n'influe pas vraiment sur le fait d'en avoir dans une seconde union. Par contre, "généralement, le fait de vivre une nouvelle union est associé à une relance de la fécondité", indique Eva Beaujouan. "La rencontre d'un nouveau partenaire entraîne souvent une naissance dans le cadre du nouveau couple qui n'aurait peut-être pas eu lieu dans le précédent".
Selon les études, à 35 ans, les hommes et les femmes ayant déjà des enfants d'une précédente union auront deux fois et demie plus de chance d'avoir un enfant que les personnes étant dans leur première union. Les chances sont moindres si cet homme ou cette femme a déjà deux enfants ou plus.
Cependant, l'augmentation des ruptures et des remises en couple depuis 30 ans "contribue à la diversité des familles, mais l'impact global sur le niveau général de la fécondité reste faible".
À chacun d'inventer ou de réinventer le modèle familial qui lui convient.
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I.DESANGE
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