 Accord ou pas à Durban, pour que les hommes prennent conscience des conséquences du réchauffement climatique, la planète tourne, et tourne mal.
Bien qu'elle ne soit pas encore terminée, l'année 2011 apparaît déjà comme une des plus coûteuses en termes de pertes économiques liées aux catastrophes naturelles.
Les compagnies d'assurances font déjà leurs comptes pour 2011, et c'est un bien mauvais signe pour nos futures primes à payer. Après une année 2010 sinistrée, l'année 2011 apparaît comme la plus chère de l'histoire si l'on chiffre les dégâts économiques inhérents aux catastrophes naturelles. Le réassureur Swiss Re chiffre à 350 milliards de dollars les pertes contre 226 milliards de dollars pour l'année 2010. Espérons qu'une nouvelle catastrophe ne viendra pas alourdir l'addition d'ici le 31 décembre.
Si à juste titre, la catastrophe de Fukushima est encore dans toutes les têtes, il ne faut pas oublier le terrible séisme qui a frappé en début d'année la Nouvelle-Zélande, ni les inondations qui ont ravagé la Thaïlande, provoquant des ruptures d'approvisionnement dans le secteur informatique mondial. Ces 3 catastrophes ont entraîné des pertes économiques que les assureurs évaluent respectivement à 35, 12 et 11 milliards de dollars.
Jusqu'à présent l'année qui avait entraîné les plus lourdes pertes pour les assureurs était 2005. En cause, les ouragans qui s'étaient multipliés, sous les noms de Katrina, Wilma, Rita, et qui avaient nécessité 123 milliards de dollars d'indemnités diverses.
Si les assureurs jettent un oeil très cloisonné et très financier sur les catastrophes naturelles, il ne faut pas oublier que c'est en termes de vies humaines et de souffrances que les conséquences sont les plus lourdes et les plus dramatiques. Bien qu'elle ne soit pas quantifiable, la part de l'activité humaine dans les dérèglements climatiques est maintenant établie, et l'échec de la dernière conférence internationale de Durban montre que les gouvernements, notamment des pays les plus puissants, et souvent les plus pollueurs, n'ont pas le courage de prendre des mesures à la hauteur des enjeux. Or, la réduction des émissions de gaz à effet de serre est une urgence pour l'humanité.
Selon les scientifiques et les organisations écologistes les plus pessimistes, une augmentation de 4°C de la température mondiale est désormais à craindre, alors que l'objectif de la conférence de Durban était de maintenir sous les 2°C le réchauffement climatique. Ils considèrent que l'échec de Durban est une condamnation à mort pour l'Afrique, les petits États insulaires, et les pauvres et les personnes vulnérables de l'ensemble de la planète.
Les plus gros émetteurs de carbone, la Chine, l'Inde, les États-Unis et la Russie, sont restés campés sur des positions égoïstes, mais surtout suicidaires pour la planète. Or, les climatologues, à l'unisson, considèrent qu'un réchauffement climatique supérieur à 2°C aura des conséquences dévastatrices sur les écosystèmes et les sociétés humaines. Autrement dit, les 1% les plus riches de la planète ont implicitement décidé qu'il était acceptable de sacrifier les 99% restants. On est loin des assureurs et des agences de notation, on est sur l'essentiel : la vie humaine !
E.CINESTIA
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