
En France, plus de 70 femmes meurent encore chaque année pendant leur grossesse ou suite à leur accouchement.
Selon une étude récemment publiée par l'Institut de Vielle Sanitaire, la moitié de ces décès pour être évités.
Chaque année, environ 75 femmes décèdent en couche ou pendant leur grossesse. Voici ce qu'indique le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) de l'Institut de Veille Sanitaire publié le 19 janvier dernier. Réalisée entre 2001 et 2006, cette Enquête Nationale et Confidentielle sur la Mortalité Maternelle (ENCMM) met en évidence que la moitié de ces décès pourraient être évités. Elle permet ainsi de tirer des conclusions et d'apporter des recommandations.
La France dans la moyenne européenne Au niveau de la natalité, la France se place en très bonne position par rapport aux autres pays européens avec un taux de fécondité supérieur à deux. Le nombre de naissances en France va croissant : 834 000 ont été dénombrées en 2008. Pourtant, à côté de cela, le BEH révèle que la mortalité maternelle existe encore.
Le nombre de décès liés à la grossesse ou à l'accouchement place la France dans la moyenne européenne certes, mais bien loin de la Suède qui affiche un taux de décès de 2,0 pour 100 000 naissances. Le taux officiel français est de 7,4 pour 100 000, mais ce chiffre semble sous-estimé comme l'indique cette étude. Il serait en réalité plus élevé et plutôt compris entre 8 et 12 pour 100 000 naissances.
Inégalité devant cette mortalité L'étude montre que certaines régions françaises sont plus impactées que d'autres. Pour la période 2004-2006, l'étude indique que le taux de mortalité maternelle de l'Ile-de-France est 30% plus élevé que la moyenne nationale. Même conclusion pour l'Auvergne (+ 40%) et la Bourgogne (+ 65%). Record battu pour les départements d'outre-mer qui présentent un taux de décès de 29,2 pour 100 000 naissances alors que la moyenne française est de 8,7 pour 100 000. Il est ainsi plus élevé de 235%.
Cette enquête constate aussi que les femmes de "nationalités non européennes ont une mortalité maternelle supérieure à celle des Françaises ou des Européennes". Alors que le taux de mortalité des Françaises (de France) est de 8 pour 100 000 naissances, celui des femmes d'origine d'Afrique subsaharienne est de 19 pour 100 000.
50% de ces décès pourraient être évités Ce rapport pointe du doigt des prises en charge insuffisantes pendant les grossesses et des "mesures thérapeutiques inappropriées". Les femmes de 35 à 39 ont 3 fois plus de risques de mourir en couche que celle de 20 à 24 ans. Une réalité qu'il faut prendre en compte.
Le rapport indique aussi que plus de trois quarts de ces décès surviennent en unités de réanimation ou de soins intensifs. Les hémorragies sont responsables de près de 26% des décès, suivis par les embolies amniotiques (16%), puis les thrombo-embolies (9,4) et l'hypertension artérielle (8%).
Sur les 75 femmes qui succombent chaque année, la moitié pourrait être sauvée. "Ces 40 morts maternelles par an procurent le vertige et sont à l'évidence inacceptables. Elles requièrent des mesures fortes là où ces situations sont les plus pressantes", expliquent les spécialistes. Selon le rapport, les décès liés aux hémorragies seraient évitables dans 90% des cas, ceux liés aux infections dans 83% et ceux engendrés par les complications anesthésiques dans 100% des cas.
Cette enquête met aussi en évidence des dysfonctionnements dans le système de recueil des informations nationales puisque seulement 20% de ces femmes décédées sont autopsiés. Ainsi peut-on supposer que le nombre de morts évitables est encore plus important.
Même si nous sommes loin des chiffres d'Haïti (670 morts pour 100 000 naissances avant le séisme) ou du Burkina Faso (307 décès pour 100 000 naissances), les pouvoirs publics français doivent considérer le problème et se mobiliser. Les spécialistes les invitent à prendre les mesures nécessaires et à faire appliquer celles déjà existantes afin de réduire considérablement le nombre de morts évitables.
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I.DESANGE
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