 Après le rapport du médiateur de la république, c'est celui de la Haute Autorité de santé qui alerte l'opinion sur la dégradation des conditions de vie à l'hôpital.
Comme l'école ou comme l'entreprise, le milieu hospitalier n'échappe pas aux conséquences de la dégradation des effectifs et des conditions de travail. Peut-on soigner et guérir dans de telles conditions ?
Les témoignages extraits de l'étude publiée mercredi 27 janvier par la Haute Autorité de santé (HAS) sont accablants : On y trouve une multitude de références à des actes d'humiliation, de mépris, de culpabilisation, voire d'atteintes à l'intimité des malades. Ils reflètent le malaise de nombreux malades, proches ou professionnels de santé face à la maltraitance "ordinaire" qui règne et se développe dans certains hôpitaux.
Le rapport, qui se présente comme une étude volontairement subjective, reprend une centaine de récits. Patients, famille, infirmiers... Tous racontent l'attente, l'abandon, l'absurde parfois. "Coralie reste nue sur le brancard dans le couloir du service pendant dix minutes. Je prends une couverture dans la chambre, on me reproche d'avoir défait le lit", raconte une mère. "Il y a des moments où je restais dans le pus et dans mes excréments toute la matinée", décrit un malade.
De quoi interpeller les pouvoirs publics qui avaient déjà été alertés par le médiateur de la République il y a peu. Il s'inquiétait d'avoir eu à traiter, en un an, près de 4 800 requêtes relatives aux droits des malades et à la sécurité des soins.
La maltraitance, reconnaît une directrice d'hôpital, "c'est comme les infections nosocomiales, ça ne devrait pas arriver". Les professionnels parlent des réductions d'effectifs ou du manque de matériel... "Il y a 20 ans, il y avait 7 aides-soignantes le matin, alors que maintenant il n'y en a plus que 2 ou 3 pour des patients plus lourds qu'avant", explique un cadre de santé.
Pour lutter contre ces dérives, un "guide de la bien-traitance en établissements de santé" devrait être publié dans l'année. Trois critères de qualité seront par ailleurs intégrés dans la nouvelle procédure de certification des hôpitaux : la gestion des plaintes et des réclamations, la mise en oeuvre des soins palliatifs et des droits des patients en fin de vie, la mise en place d'une démarche de bien-traitance.
Il faut arrêter les suppressions de postes dans les hôpitaux, dont les conséquences sur la formation et la vie des personnels sont graves et rejaillissent sur les rapports avec les malades.
Un rapport de la Cour des Comptes dénonçait les suppressions "aveugles" des effectifs dans la fonction public, y compris hospitalière. Le temps n'est plus aux rapports qui se multiplient et qui, tous hélas, vont dans le même sens. La qualité des soins et la dignité dûes aux patients dépendent directement des mesures qui doivent être prises en urgence par les pouvoirs publics.
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A.MICHO
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