 Les contorsions intellectuelles de Michel Rocard à l'égard du grand emprunt, pour lequel il a coprésidé la commission à l'origine du rapport, laissent perplexe !
Porter un projet qu'on ne voterait pas soi-même, est un excellent exercice de philosophie pour les jeunes qui aspireraient à la vie politique... De toute façon, nous paierons l'addition !
Petite rétrospective des événements Nicolas Sarkozy a reçu les partenaires sociaux mercredi 25 novembre, dans le cadre du grand emprunt que l'exécutif entend lancer en 2010. Le chef de l'État consultait les syndicats et le patronat avant d'annoncer ses décisions sur le montant et les modalités du grand emprunt "dans les premiers jours" de décembre. Mais l'évènement le plus intéressant, c'est sans doute passé la veille...
Mardi 24 novembre, lors du débat "Pour ou contre le grand emprunt ?" organisé par le Nouvel Observateur et Terra Nova. L'ex-premier ministre socialiste Michel Rocard est venu s'expliquer sur le grand emprunt, en tant que coprésident, avec Alain Juppé, d'une commission portant sur ce thème, et dont le rapport vient d'être remis à Nicolas Sarkozy.
Face à lui, Didier Migaud, président socialiste de la commission des finances à l'Assemblée nationale, invité pour porter la contradiction. Étrangement ou pas... les deux hommes sont très vite tombés d'accord. Et quand Didier Migaud ajoute : "Je suis sûr que s'il était député, Michel Rocard ne voterait pas pour le grand emprunt, car on ne peut le déconnecter d'une politique globale", Michel Rocard répond : "Ne me demandez pas de commenter des évidences..." Et de poursuivre : "Je pense que j'ai bien fait d'aller dans cette commission, car à politique générale fort critiquable et mal orientée, il valait mieux s'assurer de quelques éléments."
Sachant par ailleurs que tous les lobbyings possibles et imaginables se sont fait pressants, pour obtenir leur quote-part d'un emprunt. Presque unanimement critiquée, mais finalement peu combattue sur son principe même, la position du coprésident de la commission éponyme vient au final comme une ultime note d'humour, en attendant la note finale qui, elle, risque d'être salée, poivrée et... lourde.
Lire aussi Une commission pour définir l'usage du futur grand emprunt ? Lire aussi Grand emprunt : le bal des syndicats !
M.Rigano
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2010 Zurbains.com
|