 Il a fallu 500 morts officiels et plus de 3 500 hospitalisations pour que le gouvernement se décide à interdire sa commercialisation.
Une fois de plus, les intérêts des laboratoires ont primé sur la santé publique. C'est sur le fond la continuité du scandale de la vaccination contre le virus du H1N1.
Alors que la quasi-totalité des pays européens ont retiré le Médiator de la circulation, il a fallu attendre novembre dernier pour que les autorités sanitaires françaises se décident à stopper net la diffusion de ce médicament, fabriqué par le laboratoire français, Servier. Et tout est dans cette dernière précision.
Depuis 1990, ce type de médicament présentait une dangerosité qui avait alerté plusieurs équipes médicales. En 1999, un cardiologue réputé appelait à son tour à une vigilance particulière, évoquant le risque d'altération des valves cardiaques liées à la prise du Mediator. Il a fallu une intervention d'un député, par ailleurs cardiologue, devant l'Assemblée nationale pour que l'AFSSAPS ( Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé ) se décide enfin à demander une étude à la CNAM (Caisse Nationale d'Assurance-maladie).
Pour nombre de spécialistes, les effets secondaires du Mediator étaient connus, mais ils n'étaient pas rendus publics. Ils considèrent que l'AFSSAPS n'a pas osé affronter les différents lobbies pharmaceutiques, et notamment les grands laboratoires. C'est encore et toujours l'opacité des liens et les conflits d'intérêts privés et financiers qui viennent se mettre en travers des nécessités de santé publique.
Officiellement, le Mediator serait responsable de 500 décès et de 3 500 hospitalisations. Rappelons qu'il s'agit d'un médicament prescrit pour les diabétiques en surcharge pondérale ou/et ayant une hyperglycémie. Le nouveau ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a appelé les patients ayant pris ce médicament pendant 3 mois, au cours des 4 dernières années, à consulter leur médecin par précaution.
Une enquête a également été demandée à l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales). Osera-t-elle recommander une transparence dans les liens existants entre l'industrie pharmaceutique et les organismes de santé ? Suivra-t-elle le souhait d'un député de voir introduire dans les agences sanitaires, une représentation des patients ? Il y a au moins 500 familles qui attendent une vraie réponse.
A.MICHO
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