 Le chlordécone est un puissant pesticide, polluant et peu dégradable. Utilisé aux Antilles dans les plantations de bananes jusqu'en 1993, il est depuis interdit.
Pourtant, des traces ont été récemment trouvées dans certains poissons et crustacés : la pêche en est désormais interdite !
Le chlordécone est un pesticide puissant et interdit Le chlordécone a été notamment utilisé dans les bananeraies antillaises jusqu'en 1993. Il n'est pas biodégradable, et son haut pouvoir toxique est même amplifié au contact d'autres produits chlorés. Les États-Unis avaient déjà interdit le chlordécone en 1976. À son contact de manière répétée, il peut engendrer des problèmes neurologiques, des effets toxiques sur le foie et les reins, ainsi qu'une action de délétion de la spermatogenèse. Il est par ailleurs classé parmi les produits cancérigènes chez l'animal, et probable chez l'homme.
La Martinique contaminée par le chlordécone ! Le chlordécone continue de faire des ravages. Déjà en 2002 à Dunkerque, la DGCCRF (direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes) avait relevée des taux anormalement élevés de chlordécone dans une cargaison de 1,5 tonne de patates douces en provenance de Martinique. Ce constat s'était conclu en mars 2003, par un arrêté préfectoral, imposant l'analyse des sols avant culture et l'interdiction de vendre des produits contenant du chlordécone.
Malgré l'interdiction de ce pesticide dans les cultures depuis 15 ans, il reste largement répandu dans les sols et les sédiments des rivières...
De récentes analyses révèlent que plusieurs poissons et crustacés ont des teneurs anormalement élevées de chlordécone : 96% des échantillons sont contaminés, dont près de la moitié avec des concentrations proches de 50 microgrammes (µg) de chlordécone par kilo, alors que l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) recommande des concentrations inférieures à 20 µg par kilo.
Les fonds marins constituent de fortes concentrations de chlordécone. Tous les crustacés (langoustes, crevettes, crabes de mer) sont directement visés, ainsi que certaines variétés de poisson comme le tilapia. Leur consommation est désormais strictement interdite, de plus que les fonds marins avoisinant les lieux où se déversent les rivières sont particulièrement contaminés.
Depuis le 22 septembre dernier, 2 arrêts préfectoraux interdisent la pêche sous toutes ses formes dans les rivières martiniquaises, ainsi que la semi-fermeture de plusieurs baies en contrebas des bassins contaminés... Il est donc fortement recommandé de n'acheter du poisson que dans des points de vente dont la provenance des poissons est clairement identifiée, en dehors des zones interdites.
L'Afssa devrait se prononcer sur le risque réel encouru à la fin novembre. Jusque-là les mesures de précautions se veulent particulièrement strictes, au détriment des pêcheurs qui y voient surtout un manque à gagner !
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A.MICHO
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